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aux artistes de cette classe que les prati-ques ruême les plus dangereuses fournis-sent des ressources & des beautés j il pei-gnoit souvent sur des fonds blancs ; maispour éviter 1’inconvénient que peuventavoir les finis de cette couleur dans lesgrandes masses d’ombres, ne pourroibonpas, d’après une esquisse bien arrêtée,faire préparer son fond par grandes massesblanches & brunes , & cette pratique nevaudroit-elle pas mieux que celle de pein-dre fur des fonds gris, bruns, ou rouges,qu’on regarde comme des fonds indifte-rens, & qui en effet ne font favorablesni aux masses claires, ni aux masses d’om-bres ? mais en voilà assez pour les artistesjntclligens, & trop pour ceux qui, escla-ves de l’habitude , croyent que cequ’ilsn’ont pas vu faire à leurs maîtres ne peutêtre bon.
Après avoir parlé de l’apprêt qui fait leprincipal fond général du tableau , je vaisdire quelque chose du champ particulierfur lequel fe trouvent les objets que ren-feríne un tableau.
Ce qui distingue les objets les uns desantres, c’esi supposition des nuances clai-Tes & obfcures.Dans tous les objets qu’offre la nature, la nuance que présente lecôté éclairé d'un corps, fait paroîtte celuigui est à côté plus teinté. La partie om-brée produit l’effet contraire ; fans cetteloi de la nature, les objets confondus en-semble ne nous offriroient point ce quemous nommons le trait, qui est la ligneclaire ou obscure, qui nous donne ridée•de leur forme.
Un flocon de neige , lorsque nous ledistinguons dans les airs, fe détache enbrun fur la teinte que la lumière répanddans le ciel ; fi ce même flocon passe de-vant un nuage obscur, il reparaît blanc,en raison de l’oppofltion du fond sur le-quel il se trouve; s’il fe montre enfin vis-à-vis d’un mur noirci par le temps, ilprend cet éclat dont nous ne devons bi-née générale qu’à la plus grande habitudeque nous avons de voir la neige en oppo-sition avec «les objets qui relèvent sonéclat ; une branche d’arbre , examinéeavec soin , donnera une idée juste de ceteffet. Quelquefois dans l’efpace de quel-ques piés, elle fe détachera plusieurs fois,Alternativement en clair & en brun; cefont ces variétés fondées fur la nature ,gui prêtent lent secours au peintre, lors-
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qu'îl veut chercher dans les oppoíítiorîTdes ressources pour ('harmonie ; il recon-naîtra , en examinant ce jeu, des couleurscausées par les fonds , qu’il peut à fou gréI distinguer plus ou moins les objets pardes combinaisons «suppositions qui fontabsolument à sa disposition. 11 trouveraaussi , pour rendre son coloris plus bril-lant, que certaines couleurs fe détruisent,tandis que d’antres fe font valoir, l’incar-nat devient pâle fur un fond rouge, lerouge pâle paraît vif & ardent fur m\finíjaune ; la décoration des fonds étant auchoix dc l’artifte , il est autorisé à donneraux objets dc fes premiers pians & auxdraperies de fes figures principales, lesfonds qui doivent leur être les plus favo-rables. Cette réflexion conduit naturelle-ment à parler de ce qu’on appelle fonds ,lorfqti’on entend par-là les derniers plansd’une composition.
Les différentes modifications qu’onajoute ordinairement à ce terme , lorsquel’on s’en sert dans ce sens, indiquent ceque l’artistc doit observer.
On dit d’un tableau de paysage, quireprésente un site très - étendu , dans le-quel une dégradation de plans insensible& multipliée se faitappercevoir, que lefond de ce tableau est un fond vague.
L’artifte qui peint sétemlue des mersdoit, par un fond aérien, faire sentircette immensité de lieu dont la distancen’est pas désignée par des objets succes-sifs, qui la font concevoir dans la repré-sentation des objets terrestres. Un fondagréable est celui qui nous offre l’imaged’un lieu où nous souhaiterions noustrouver.
Un fond devient piquant parle choixde la couleur du ciel & de l’instant dujour.
11 est frais, s’il représente le ton de l’airau matin; il est chaud, li le coucher dusoleil lui donne une couleur ardente.
Le fond pittoresque est celui dans le-quel un choix ingénieux rassemble desobjets favorables au peintre, & agréablesan spectateur.
11 faut dans certains sujets d’hiftoiredes, fonds riches : telle est une partie desactions tirées de la fable ; tels font lestraits que fournissent les histoires asiati-ques , les triomphes, les fêtes, tfc.
La simplicité, î’austérité même, con-viennent aux fonds des tableaux qui re-