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demeure au Fond toujours la même : elleprend aiors , à l’égard de ces idées ac-cessoires , le nom d'idée principale : telleest l’idée exprimée par cancre, qui de-meure la même dans la signification desmots cano , amis, canìt, canimus , cani-tis, canunt : tous ces mots ne diffèrententr’eux que par les idées accessoires despersonnes & des nombres; wy» Per-sonne Nombre. Dans tous, l’idéeprincipale est celle de Faction de chanterprésentement : telle est encore l’idée deFaction de chanter, attribuée t> la pre-mière personne , à la personne qui parle;■laquelle idée est toujours la même dansla signification des mots cano, canam,canebam , ctinerem , cecitii , cecineram ,cecinero, cecimjfem ; tous ces mots nediffèrent entr’eux que par les idées ac-cessoires des tems. V. Te MS.
Teile est enfin í’idée de chanteur de-profejjìon , qui se retrouve la même dansles mots cantator, cantatoris, cantatcri,cantatorem , cantatore , cantatores , can-tatorum , cantatoribus; lesquels ne diffè-rent entre eux que par les idées accessoi-res des cas & des nombres. V. Cas 0"Nombre.
De cette différence d’idées accessoiresnaissent deux sortes de dérivation ; l’uneque l’on peutappeller philosophique, par-ce qu’eiie sert à i'exprelfion des idées ac-cessoires propres à la nature de l’idéeprimitive, & que la nature des idées estd h ressort de la philosophie ; l’autrc, quel’on peut nommer grammaticale, parccqu’elìc sert à l’expreffion des points dévue exigés par Tordre de renonciation ,& que ces points de vue font du ressortde ia grammaire.
La dérivation philosophique est doncla maniéré de faire prendre à un mot, aumoyen de ses diverses inflexions, les for-mes établies par l’usage pour exprimerles idées accessoires qui peuvent modi-fier en elie-mème l'idée primitive , fansrapport à Tordre de 1’énonciation : ainsicantare , cantitare , canturire , font déri-vés philosophiquement de canere ; pareeque l’idée primitive exprimée par canerey tir modifiée en elie-même , & fans au-cun rapport à Tordre de renonciation.Felicìor & felicijjtmus sont aussi dérivésphilosophiquement de felix, pour lesmêmes raisons.
Ladérivation grammaticale cil la nu-
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nìere de faire prendre A un mot, aumoyen de ses diverses inflexions, les for-mes établies par Tissage pour exprimerles idées accessoires qui peuvent présen-ter l’idée principale, sous différons pointsde vue relatifs à Tordre de renonciation:ainsi can;s , canit , canimus, canitìs , ca-nunt , canebam, canebas , &c. font dé-rivés grammaticalement de cano ; parcsque l’idée principale exprimée par canoy est modifiée par différens rapports àTordre de renonciation , rapports denombres, rapports de tems, rapports depersonnes, cantatoris , cantateri , canta-torcm, cantatores, caniatorum , &c. fontaussi dérivés grammaticalement de canta-tor , pour des raisons toutes pareilles.
Pour la facilité du commerce des idées,& des services mutuels entre les hom-mes, il feroit à desirer qu’ils parlassenttons une même langue, & que dans cettelangue , la composition & la dérivation ,soit philosophique , soit grammaticale ,fussent assujetties à des réglés invaria-bles & universelles: l’étude de cette lan-gue se rédniroit alors à celle d’un petitnombre de radicaux, des Joix de h for-mation, & des réglés de ia syntaxe. Maisles diverses langues des habitans de laterré font bien éloignées de cette utilerégularité : il y en a cependant qui enapprochent plus qne les autres.
Les langues grecque & latine , parexemple, ont un système de formationplus méthodique & plus fécond que lalangue franqoise, qui forme ses dérivésd’une maniéré plus coupée, plus embar-rassée , plus irréguliere, & qui tire deson propre fonds moins de mots compo-sés , que de celui des langues grecque &latine. Quoi qu’il en soit, ceux qui dési-rent faire quelque progrès dans Tétudedes langues, doivent donner une atten-tion smgiiiiere au % formations des mots,c’eil le seul moyen d’en connaître la justevaleur, de découvrir Tanalogie philoso-phique des termes, de pénétrer jusqu'àla métaphysique des langues , L d’en dé-mêler le caractère & le génie;connoissan-ces bien plus solides & bien plus précieu-ses que le stérile avantage d’en posséderle pur matériel, même d’une maniéréimperturbable. Pour Faire sentir la véritéde ce qu’on avance ici, nous nous con-tenterons de jetter un simple coup-d’œilsur^’aiialogie d <a formations latines; L
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