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différentes dénominations des motsqu’el-les constituent : de là les diminutifs, lesaugmentatifs, les inceptifs, les inchoa-tifs , les fréquentatifs, les desidératifs ,esc. selon que ridée primitive est mo-difiée par quelqu’une des idées accessoi-res que ces dénominations indiquent.
Nous disons en second lieu , que cesterminaisons ont dans la même langue , oudans quelqu'autre , des racines qui expri-ment fondamentalement les mêmes idées ,q u’elles désignent comme accessoires dansla dérivation , nous alloué en faire Pestaifur quelques-unes, où la chose sera allezclaire pour faire présumer qu’il peut enêtre ainsi des autres dont on ne connoî-troit plus ('origine.
i 3 . Dans les noms, les terminaisonstnen & menlum signifient chose,signe sen-sible par lui-même ou par ses effets : l’une& i’autre paroifient venir du verbe mi-ner e, dont Lucrèce s’est servi, & qu'onretrouve dans la composition des verbesc-mìnere ,im miuere , fro.minere , & quitous renferment la lignification que nousprêtons ici à men & 3 mentum, la voicijustifiée par l’explication étymologiquede quelques noms :
Flumen , ( men ou res qiuc fuit. )Flumen , ( men quod fulget. )
Lumen , ( men quod lucet. )jSVwifiî, ( men quodseritur. )
Fimen , ( men vinciens , qûod ‘vincìt. )Cartnen , peigne à carder, (quod
carpit. )
II est vraisemblable que les Romains don-nèrent le même nom à leurs poèmes; par-ée que les premiers qu’ils connurentétant satyriques & piquans comme lesdents du peigne à carder , & avoient unedestination analogue, celle de corriger.
Armentum , (mentum quod arat , ou ard-re potejl. )
Jumentum, (mentum quodjuvat, on men-tum jugatorìum.
JHonumentmn , (mentum quod manets)Altmentum , (mentum quod alits)Testamentum , (mentum qnod testatur.)Tarmentum , mentum quod torquet .)
La terminaison culum semble venir decola, j’habite, & signifie effectivementtine habitation, ou du moins un lieu ha-bitable :
Culiculum , (cubandi locuss)
Csenaculum , (ccenanii locuss)
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Habtlaculum , (hahitandì locuss)Propugnaculum , (propugnundi locuss)
■■ II faut cependant observer, pour iavérité de ce principe, que cette termi-naison n’a le sens & l’origine qile nouslui donnons ici, que quand elle est adap-tée à une racine tirés d’un verbe : car sion l’appliquoit à un nom elle en Feroitun simple diminutif; tels font les motscorculum , opusculum , corpusculunt , &c.
2 3 . Dans les adjectifs, la terminaisonundus désigne abondance & plénitude , &vient d'unda, onde, symbole d’agitationou du mot un d are , d’où abundare , ex-undare. Ordinairement cette terminaisonest jointe à une autre racine par Pline desdeux lettres euphoniques b ou c.
Cogìta-b-undus , (cogitationibus undans.)Furi-b-undus , furorc an furiis undans.)Fce-c-undus , (feetu abandons.')Fa-c-undus, (fandi copia ahundans.)
La terminaison Jlus, venue de Jlo, mar-que stabilité habituelle.
Juftus , (injure conjlanss)
JUode(lus_, (in modo confiants)
Molestas , (pro môlestuns.)
Mcejlus , (iumœrorc conjlanss)
Honestus , (in honore conjìans.)
Sceltstus , (inscelere conftans.
3°. Dans les verbes, la terminaisonscere ajoutée à quelque radical significa-tif par lui-même, donne les verbes in-choatifs , c’est-à-dire ceux qui marquentle commencement de l’acquitìtion d’tinequalité ou d’un état; cette terminaisonparoît avoir été prise du vieux verbe ef-cere, esco , dont on trouve des tracesdans le livre II des loix de Cicéron , dansLucrèce, & ailleurs. Ce verbe , dans sontems, fignifioit ce qu'a signifié depuisejse ,sum , & a été consacré dans la com-position à exprimer le commencementd’être. Selon ce principe,
Calesco , je commence à avoir chaud , je
m’échauffe , équivaut à calidus esco.Frigesco , je commence à avoir Froid ,
(frigìdus esco. )
Albesco , (albus esco.
Senesco , (senex esco. )
Fur esco , (durits esco.
Dormisco , (dormions esco.)
Obsolesco , (obsoletus esco.)
Une observation qui confirme que le, vieux mot escere est U racine de la termi-
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