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Tome XV. FORE - GENU
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5-2 FOR

pour les fosses ordinaires, l’adresse aveclaquelle il éleve ses murailles fur le ni-veau rie la campagne , de forte pourtantque f ennemi n'en découvre le pied quelorfqu’íl est fur la contrescarpe ; fes demi-lunes vnides, où l’affiégeant nefauroit feloger tans avoir beaucoup à souffrir dticôté de la place ; les fausses - braies ,exemptes d’enfìíade , & très-bien postéespour défendre le passage d u fossé ; enfinles défenses rasantes qu’il emploie mal-gré la prévention générale des Italienspour les seconds flancs.

II me semble cependant que sauteurfait deux suppositions, d'antant plus in-téressantes pour son système , qu’il enperd!a moitié de sa force , fi elles fe trou-vent fausses. La premiere est, que l’en-nemi étant arrivé au point P, qu’il ap-pelle le point de l'agresteur , y doit enco-re essuyer tout le feu de la face haute &basse des ailes du bastion & de la cour-tine, de la face d’une demi-lune , duflanc de Poutre , & de deux flancs du bas-tion; la seconde, que l’enuemi doit néces-sairement choisir ce point pour se logerfur la contrescarpe , préférablement àtout autre.

La premiere est évidemment fausse parelle-même, puisque tout le monde sait quel’aifiégeant ne s’avance ordinairement j 11s-qu’àla contrescarpe, qu’après avoir éteinttons ies feux qu’il a pu découvrir de plusloin, Si que rien n’empêche , dans cesystème , qu’il n'aít détruit de la campa-gne les faces hautes du bastion , celles des<femi-iunes & l’aîle du bastion. La secon-de paraît plus véritable , parce qu’effec-tivement on ne peut battre les flancs dubastion K que par ce point, & qn’il fautmême, dans ce système, avant de passerle fossé, pour monter à la breche H, dres-ser une autre batterie au point opposé ,pour battre le bastion B & le flanc N dela demi-lune , qui défendent le passage dufossé. Mais comme dans ces suppositionschacune de ces batteries auroit à es-suyer tout à la fois les feux des flancs,tan tdu bastion que de la demi-lune opposée ,je ne vois pas pourquoi l’ennemi ne pour-rait pas auparavant fe servir des faces dela place (Parmes de sangle rentrant, &y faire , par des coupures au glacis, quilui serviroieut d’épaulement, deux bat-teries croisées qui détruiroient les flancsdes demi-luncs, après quoi on les tranl-

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porteroit aux points de Pagressctir.

On pourroit même, & ceci vaudroíîmieux , couper le glacis à ces mêmespoints, en forte qn’on fût à couvert desflancs du bastion ; & après avoir battu enenfilade les flancs de !a demi-lune , tour-ner ensuite ses batteries vers ceux de laplace. 11 est vrai que c’est un grand avan-tage dans cette méthode d’oppol'er tou-jours au passage du fossé les flancs desdeux bastions; mais cet avantage est dimi-nué par quantité d’autres défauts,qui fontpour la plupart inévitables dans cetteconstruction. Les angles de fes demi-lu-nes font trop aigris, & ceux des bastionstrop ouverts, ce qui facilite la breche.Ses flancs perpendiculaires obligent à Fai-re des embrasures extrêmement obliques,qui diminuent la force des ruerions : lesflancs bas n’orit pas allez rie profondeurpar rapport aux flancs hauts; les uns &les autres sont sujets à Penfilade, pourpeu qu’on abatte du parapet des faces quiles couvrent; ce qui n’arriveroit pas s’ily avoir un orillon.Ènfin lès murailles éle-vées au niveau de la campagne, font fortcommodes pour le mineur , qui passe fa-cilement dessous, su r-tout s’i! peut feglisser dans la premiere fausse-braie.

Système de Sturm. Léonard-ChristopheSturm naquit à Altorf en 1669, & mouruten 1710. II excellait dans tontes les par-ties de l’architectnre civile & militaire.On a de lui un système de fortification ;mais il ne donne ni fa construction ni sesprofils, parce qu’il veut, dit-il, éprouverjusqu’à quel point on peut être son juge.Voici comment il construit.

Son polygone est un dodécagone ( voy.sig. 3 , fl. I. Art milit. Fortifie. Supplé-ment des planches') , dont le côté extérieurest de cent soixante toises, c’est-à-dire ,égal à celui de la petite fortification deM. deVanban, qu’il prétend renforcerpar ce système. La perpendiculaire qu’iltire sur le milieu du côté extérieur , &par Pextrêmité de laquelle il fait passerses deux lignes de défense, est de trente-quatre toises : les lignes de défense en ontcent vingt-six chacune; & la courtine,queces lignes déterminent, est de soixante& seize; ses faces ont trente-cinq toises,& fes flancs droits en ont tout autant.Après quoi il prend le tiers des flancspour l’épaisseurulc l’orillon , dont la re-traite c!ì alignée à l’angle du bastion op-