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qui vivoit du tems dc Ptolomée Philopc-tor & de PtOlonsée Epiphanc. On croyoitla même chose du tems d Ovide,qui dansun passage connu dc ses métamorphoses,liv. XV , dit :
Viiì ego , quoi fuerat quondam solì-AíjJtmu teìlus.
Ejfe fr Hum, Viii fo.&as ex œquoreterras.
Et procul a pelago concbajacuere ma-rin <c, &c.
Ce sentiment fut auffi celui d'A vicenne& des sa vaus Arabes ; mais quoiqu’il eûtété iì universellement répandu parmi lesanciens, il fut oublié par la fuites & lesobservations d’histaire naturelle furententièrement négligées parmi nous dansles siécles d’ignorance qui succédèrent.Quand on commenqa à observer, lessavant à qui la philosophie péripatéti-cienne & ies subtilités de Pécule avoientfait adopter une façon de raisonner fortbisarre,-prétendirent que les coquilles,& autres fojfiles étrangers à la terre ,avoient été formés par une force plasti-que (vis plaftica') ou par une semenceuniversellement répandue ( femìnium &■vis seminalís). D’où l’on voit qu’ils neregardoient les corps marins fojjiles quecomme des jeux de la nature , fans faireattention à la parfaite analogie qui setrouvoit entre ces mêmes corps tirés del’intérieur de la terre, Sc d’autrcs corpsde la mer, ou appartenans au régné ani-mal & au régné végétal ; analogie qui eûtfeule suffi pour les détromper. On sentitcependant qu’il y avoit des corps fojjìles ,auxquels on ne pouvoit point attribuercette formation , paree qu’on y remar-quoit clairement une structure organi-que. De là vint , par exemple, l’epìnionde quelques auteurs qui ont regardé lesessemens/í^f/et que l’on trouve dans plu-sieurs endroits de la terre, comme ayantappartenu aux géans dont parle la sainteEcriture; cependant un peu de connais-sance dans l’anatomie auroit suffi pour lesconvaincre que ces ossemens , quelque-fois d’une grandeur démesurée, avoientappartenu à des poissons ou à des qua-drupèdes , Sc non à des hommes. Ces pré-tendues forces plastiques, & ces expli-cations , qnelqu’abí'urdes & inintelligi-bles qu’elles fussent , ont trouvé & trou-vent encore aujourd'hui des partisans ,parmi lesquels on peut compter Lister ,
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Langius , & beaucoup d’autres natura-listes , éclairés d’aitleu.rs.
Cependant dès 1 c seizième fiecle plu-sieurs lavans , d la tête desqucls on peutmettre Eracastor, en considérant les subs-tances fossiles étrangères à la terre, trou-vèrent qu’elles avoient une ressemblancesi parfaite avec d’autrcs corps de la natu-re qu’ils ne doutèrent plus que ce ne fûtla mer qui les eút apportés fur le conti-nent; & comme on ne voyoit point decause plus vraisemblable de ce phénomè-ne que le déluge universel, on lui attri-bua tous les corps marins qui sc trouventsur notre globe , que ses eaux avoient en-tièrement inondé. Burnet, en suivant lesystème de Descartes, prétendit expliquercomment cette grande révolution s’étoitfaite,& d’où étoit venue l’immense quan-tité d’eau qui produisit cette catastrophe.L’hypothese de Burnet, en rendant rai-son de la maniéré dont le déluge avoit puse faire , n’expliqtioit point comment fìavoit pu apporter les corps marins quel’on trouve fi abondamment répandus furla terre. Woodward crut remédier &suppléer à ce qui manqunit à la théoriede Burnet, par une idée assez ingénieuse,mais qui par malheur ne s’accorde pointavec les observations que l’on a eu occa-sion de faire. II prétendit que toutes lesparties non organisées da globe terrestreavoient été parfaitement détrempées &miles en dissolution par les eaux du dé-luge universel, Sc que toutes les substan-ces organisées qui s’y trouvoient, aprèsavoir été quelque tems suspendues dansces eaux, s’étoient affaissées peu à peu ,& enfin s’étoient précipitées chacune enraison de leur pesanteur spécifique. Cesentiment fut adopté par un grand nom-bre de naturalistes, Sc entr’auties par lecélébré Scheuchzer. Cependant ii est dif-ficile de concevoir que le tems de la du-rée du déluge ait suffi pour détremperune masse telle que le globe de la terre ,au point que Woodward fe prétend.D’ailleurs l’expérience prouve que lescorps marins que l’on trouve dans l’inté-rieur de la terre, n’y ont point été jettesau hasard, puisqu’il y a des individus quisetrouvent constamment les uns avec lesautres. Outre cela , ces corps 11e se trou-vent point disposés comme étant tombésen raison de leur pesanteur spécifique ,puisque souvent on rencontre dans les