Band 
Tome XV. FORE - GENU
Seite
135
JPEG-Download
 

FOU

fcnt suivis d’un bruit qui dure si long-tems , est la grande étendue du vuidcqu'occasionne , en passant , la matièreélectrique. Car quoique l’air s’affaisse lemoment d’après que la foudre a passé,& que la vibration , d’où dépend le son , >commence au même instant dans tou-te la longueur du trajet j cependant fila traînée étoit dirigée vers la personnequi entend le bruit, les vibrations exci-tées au bout du trajet le plus proche d’el-le, atteindroient à l’on oreille bien plus tôtque celles qui font excitées à l’extrêniitéla plus éloignée ; & le son continueroitsans aucune répercussion ou écho, jus-qu’à ce que toutes ces vibrations lui tus-sent successivement parvenues.

Nous terminerons ici ce que nousavons à rapporter du système de cet ingé-nieux physicien sur la formation du ton-nerre. Ce n'est pas que nous ne puissionscn tirer encore plusieurs autres chosescurieuses que le lecteur ne trouveroit pasindignes de son attention, mais il Fau-droit pour cela transcrire ici ses Lettres«n entier : d’ailleurs il nous paroît que ceque nous venons de dire fur cette matiè-re, est aster étendu pour satisfaire noslecteurs; s’ils en veulent savoir davanta-ge , il ne leur sera pas difficile de recouriraux sources où nous avons puisé.

Après tout ce que nous venons de direfur la nature de la foudre , il fera facilede rendre raison de quelques effets qu'el-le produit tant fur les bâtimens que furles autres corps qu’elle frappe. M. Fran-klin dit, par exemple , que la/ÒKiire tom-ba íur le clocher de la ville de Newbourgdans la nouvelle Angleterre, qui étoitterminé par une haute pyramide de bois:celle-ci fut mise en pieces par la foudre ,& les éclats envoyés très-loin tout autourfur la place où l’églìse étoit bâtie, & lacloche resta à découvert. Elle rencontraensuite un fil de fer qui alloit du marteauqui étoit près de la cloche pour frapperles heures, jusqu'à l’horloge ; elle le sui-vit sans nuire nulle part, quoique ce filde fer passât à travers deux planchers &fur un mur de plâtre jusqu’à l’horloge, oule métal venant à lui manquer, elle des-cendit à terre par le mur, mais en recom-mençant ses ravages, qui ne furent pasaussi grands qne dans la pyramide; ce-pendant elle en arracha des pierres ,même de celles des fondemeiu, qui fu-

F O U I3Ï

rent lancées à vingt ou trente pieds.

Pour expliquer ces phénomènes, il fautse rappelles que le bois en général est unassez mauvais conducteur de la matièreélectrique, & qu’it ne la conduit pas dutout quand il est bien sec; outre cela onsaitqu’une décharge d’une batterie élec-trique peut bien le frayer un passage àtravers un verre mince, mais c'eft en lemettant en pieces. On trouve ici le mêmecas ; la foudre tomba d’abord fur le coq defer qui terminoit la pyramide , & qui 1*conduisit jusqu’à la poutre qui le portoit»celle-ci étoit lans doute l'eche , & par con-séquent un mauvais conducteur ; ensorteque la foudre ne put la traverser sans lamettre en pieces, de même que d’autresqui y étoient attenantes , auxquelles lamatière électrique s’attacha à cause de saquantité ; elle trouva ensuite un bon con-ducteur,savoir, un fil de fer, qui fut capa-ble de la conduire auffi loin qu’il s’éten-doit lans qu’elle nuisit nulle part. II estvrai que ce fil de fer fut fondu , parcequ’il le trouva trop mince pour résister àfaction d’une si prodigieuse quantité dematière électrique en mouvement; mais.le pendule de l’horloge, qui étoit plusépais, ayant la grosseur d’une plumed’oie , la conduisit très-bien fans être en-dommagé : & cette circonstance est remar-quable en ce qu’elle nous fait voir qu’ilne faut pas un fer auffi épais qtl’on lsci'oivoit d’abord, pour conduire une gran-de quantité de matière électrique fans ensouffrir ; car il devoit y en avoir immen-sément , attendu l’esset terrible qu’elleproduisit sur la pyramide & le reste de latour. Mais tout cela nous montre que lesmaux que la foudre cause, ne résultentque de l’imperfection des conducteursqu’elle rencontre ; soit que de leur natureils ne soient pas propres du tout à la con-duire, on qn’étant trop petits pour enconduire une certaine quantité , elle lesdétruise & nuise encore aux corps voisinsqu’elle n’auroit pas attaqués , si le pre-mier conducteur avoit été suffisant pourla contenir.

Si la foudre ne met pas toujours le feuaux corps qu’elle frappe, c’est qu’ils nefont pas tous également combustibles ;ainsi il est rare qu’clle embrase des bâti—mens habités ; ce fera plutôt des grangespleines de Foin ou de paille, ou des ma-gasins remplis de chanvre ou d’autres ma-