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Tome XV. FORE - GENU
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soit des prédictions générales powr troiscents ans; Síprivata fulmina, celles dontles prédictions particulières ne s’éten-stolent qu’au terme de dix années.

Ainsi les Romains porterent an plushaut comble d'extravagance ces folies ;ils vinrent jufqu’à croire que le tonnerreétoit un bon augure quand on l’entendoitrìP côté droit, & qu’i! étoit au contrairelin signal fatal , quand on l’entemloit ducôté gauche > il n’étoit pas même permis,suivant le rapport de Cicéron , de tenirles assemblées publiques lorlqii'il ton.noit. Jove tonante , fulgurante , comiiìapopuli babere ncfas.

Les endroits frappés de la foudre étoientréputés sacrés; & comme iì Jupiter eutvoulu se les approprier, il if étoit pluspermis d’en faire des usages profanes. Ony élevoit des autels au dieu tonnant, aveccette inscription, Dco fulminatori. Lesarul'pices purifiaient tout lieu fans ex-ception, fur lequel la foudre étoit tombée,& le consacraient par le sacrifice d'unebrebis appellée bidens , c’est-à-dire , a quiles dents avoient poussé en-liaut & cu-bas ; ct lien sépare de tout antre , s’appel-loit bidental, du nom de la brebis qu’onavoit immolée , & on regardent polir im-pies & pour lacriìeges ceux qui le profa-jioientou en remuoient Ses bornes ; c’estlà ce qu’Horace appelle quelque part iuo-vere bidental.

Tout ce qui avoit été brûlé ou noirciparla foudre , étoit placé fous un autelcouvert, & les augures étoient chargésde ce foin. On employoit en particuliercertains prêtres nommés par FestusJ?i-a-fertarìi, pour purifier les arbres fou-droyés. Ils fa isolent â ce sujet un sacrifi-ce avec de la pâte cuite fous la cendre,comme nous l’apprend l’infcription tiréed’une table de bronze antique trouvée àRome, & citée par nos antiquaires.

Avant cette purification , les arbresfrappés de la foudre passoient pour êtrefunestes, & personne n’osoitlen appro-cher. Auffi dans le Trìnummus de Plante,acte II, fc. IV, un esclave voulant con-server à son maître le seul champ qui luiHeftoit & qu’il étoit obligé de donner pourla dot de la Iceiir , fait une fausse coufi-dence au pere de í’amant de nette sœur ,& pour le détourner d’accepter ce champ;il lui dit, gardez-vous-en bien; cariesarbres y ont été frappés de la foudre ; les

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potircéaux y meurent ; les brebis y de-viennent galeuses, & perdent leur toi son.

Pline rapporte qu’il n’étoit pas permisde brûler le corps de ceux que la fondreavoit tués, & qu’il falioit simplement lesinhumer, suivant l’ordonnanci de Nuira.En effet Festtis, an mot occisnm , citedeux loix à ce sujet : homoJi fulmine occ-sus ejl, ei jujia nulln fieri oportei ■ l'uutreest conque eti ces termes : Ji bommem ful-ininibus accijtt , ne supra genua tolíito ; aillieu que l’ul’age commue le pratiquoitdans les funérailles ordinaires, où l’onmettoit les corps fur les genoux , pourles baiser & pour les laver , comme il pa-roít par ces vers d'Aibinovamis :

At miseranda parem fuprema ne queosculafixit ,

FrigiAa nec movìt membra , trementeJinu.

II fitit, pour le dire en passant, que cepoint rie religion n'en fut pas un chez lesGrecs, puisque Capanéc , après avoir étéfrappe ri u feu de Jupiter, reqnt les hon-neurs du bûcher, .. ( u'tívadné la femmes’élanqa dans les flammes , pour confon-dre ses cendres avec celles de son cherépoux. Mais les Romains s’éloignerentde cette idée L en prirent une antre, dansla persuasion que les personnes mortesd’un coup de foudre avoient été suffisam-ment purifiées par le feu , qui les avoitprivées de la vie.

Enfin on regardait généralement tousceux qui avoient eu le malheur de périrpar \à foudre, comme des scélérats & desimpies , qui avoient reçu leur châtimentdti ciel ; & c’est par cette rai ion que l'em-perenr Carus (a) , qui fut plein décou-ragé & de vertus , cil mis au rang desmauvais princes par quelques auteurs.

Ce détail suffit, fans doute , pour faireconnoître les égaremeqs de la supersti-tion païenne, sur laquelle Séneque obser-ve judicieusement, que c’est une marqued’un esprit foible que d’ajouter foi à depareilles sottises, & de s’imaginer queJupiter lance \cs foudres, qu’il renverseles colonnes, les arbres, les statues, &même ses images; ou que laissant les sa-crilèges impunis , il s’amuse à brûler sespropres autels, & à foudroyer des ani-

(u) Carus fut mis au rang des dieuxaprès fa mort. Voy. Tellement, Spars-heirn , Schœpflm, &c.