Band 
Tome XV. FORE - GENU
Seite
171
JPEG-Download
 

F O U

& jctteavec ses cornes cl u fable fur eetinfecte , pour le Faire descendre jusqu’aucentre, malgré les efforts qu’il pourroitfaire pour remonter : alors il le saisit avecles extrémités de ses cornes , & le tientlong-teins de cette maniéré à une distan-ce considérable de la tête , fans que l’onapperçoive , même avec la loupe, aucunaiguillon qui forte de la tête pour sucerl’iufecte. Ainsi il est à croire qu’il le sucepar le moyeu de ses cornes,qui font creu-ses, & dans lesquelles on a vu avec le mi-croscope un corps transparent & mem-braneux qui s’étend d’un bout à l’antrede la concavité de la corne. Ainsi on a ob-servé qu’tine mouche que l’on avoit don-née à un fourmi lion, &qn’ii avoit tenuependant deux ou trois heures entre lesextrémités de ses cornes , étoit devenueseche , & qu’on l’avoit réduite cn poudreen la froissant entre les doigts.

Le fourmi-lion a été ainsi appellé,parceque les fourmis font fa proie la plus or-dinaire ; cependant il ne peut que les su-cer; & lorfqu’il n’en tire plus rien, 11jette les restes hors de la trémie , ensuiteil sc débarrasse du fable qui s’est écroulé,& il dispose de nouveau la trémie,pour yfaire tomber un autre insecte : en l’atten-dant, le fourmi-lion se passe de nourritu-re. On en a gardé pendant six iqois dansune boîte, où ils ont vécu lans en pren-dre aucune.

Lorsquc.le fourmi-lion est parvenu à uncertain âge, il ne fait plus de trémie, par-cequ’il n’a plus besoin de nourriture ; ilpratique alors plusieurs routes irrégulie-res dans le fable,& il s'y enfonce pour semétamorphoser : il s’enveloppe , fanschanger de forme , dans une coque com-posée de soie très-fine, d'une forte de col-le , & de fable. La feie vient de la partiepostérieure, comme celle de l'araignée.La coque est grosse & ronde; les paroisintérieures font revêtues , & pour ainsidire , drapées d’un tissu de strie fort ferré,qui ressemble à un petit latin couleur deperle. L’animal reste en repos dans cettecoque , la tête entre les jambes, pendantlix semaines plus ou moins , avant de fechanger en nymphe. Lorsque le sems decette transformation arrive, l’insecte fedépouille de fa premiere peau, à laquelleles cornes, les yeux & les poils restentattachés , & il paroît fous la forme d’unenjp’.phc quia environ trois lignes deion-

F O U 171

gueur, quatre ailes membraneuses, sixjambes, deux grosses cornes ou antennesmolles & creuses, deux yeux noirs, &deux serres en forme de scies, qui lui fer-vent de dents. Cette nymphe reste encorependant quelque te m s dans la coque : en-fin l’infccte fe transforme en une bellemouche que l’on appelle detnoiselle.il faitune petite ouverture dans la coque; &s'iiisinnantdans cette ouverture,il y laissefa seconde peau. C’est un fourreau mem-braneux & transparent, qui a la formedes cornes ou antennes, des yeux, desdents, des ailes, des jambes, if c. de lamouche qui en est sortie. On trouve ainsidans la coque la peau du fourmi-lion, quiest pelotonnée,&quelquefois un œufquela mouche y a fait avant d’en sortir : lalongueur de cet œuf est de deux lignes, &l’épaisseur d’une ligne ; il a une coquesemblable à celle des oeufs de poule; maisil n’elt pas fécond , puifqu'il a été ponduavant l'accoupleinent du mâle avec la fe-melle. Cependant on n’a trouvé qu’unseul oeuf dans le corps de quelques-unesde ces femelles que l’on a ouvertes; ellesfont infécondes, lorfqn’elles le pondentavant les approches du mâle: auffi lesfourmi-lions font assez rares.

La demoiselle du fourmi lion a quinzeou seize lignes de longueur: en sortantdu fourreau, lés ailes font courtes L plis-sées ; mais en deux minutes, elles fe dé-veloppent & deviennent plus longuesque le corps. Elle reste d’abord pendantquelque tems fur ses pieds fans mouve-ment, pour fe sécher, avant de prendrel’essor. Les demoiselles de cette efpeceont deux antennes, qui font menues prèsde la tête, & deviennent de plus en plusgrosses jnfqti’à l’extrêmité. Le bout dela queue est hérissé de poils, L les ailesfont d’un blanc cendré, avec quelquespoints noirs,& fans aucune couleur vive.Elles ont deux gros yeux aux côtés de latête, & elles diffèrent des autres infectesde ce genre en ce qu’elles n’ont pointd’yeux au-dessus de la tête, & que le ven-tre n’estpas cannelé tout du long. Mém.de Vacadémie royale des sciences, année1704, p. 235 &fniv. V. les mém. four ser-vira Vhìst. desinseíles , tome VI, p. ZZZ& fuiv. Voyez aujjl les Transací. philtf.n°. 469. Voyez DEMOISELLE, ìnsecíc.(/)

FOURNAGE ,s. m. Jurispr., est le