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Tome XV. FORE - GENU
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empêcher les Fourrageurs libertins de serépandre dans le pays.

Comme on tronve dans les villages lefourresge de tout le terrein qui en dé-pend , un petit nombre de villages peutfournir celui dont on a besoin. Par consé-quent la chaîne peut avoir moins d’éten-due que dáns les fourrages au verd : maiselle doit toujours renfermer exactementles villages qu'on veut fourrager. Si ceuxqu’on a renfermés d’abord ne font passuffilans, le commandant i\u fourrage faitétendre la chaîne pour en comprendred’autres dedans. II faut éviter de recou-rir à cet expédient, paree qu’il dérangel’ordre des postes, qu'il fatigue l’escorte ,& que le fourrage est alors d’une expé-dition moins prompte.

La retraite fe fait dans les fourragesau sec, de la même maniéré que dansceux qui fe font au verd ; c’est-à-dire,qu’à mesure que les fourrageurs d’un ré-giment ont chargé le fourrage fur leurschevaux, ils partent aulsi-tôt suivis despetites escortes de leurs régimens ; &qu’à mesure qu’un village est évacué,l’eícorte qui forme la chaîne du fourra-ge, doit fe resserrer pour fe mettre en étatde marcher à la fuite de tous les fourra-geurs.

Considérations qui servent de réglé oude principes pour la sûreté des fourrages.1 °. On peut compter d’abord fur l’igno-rance de l’ennemi, qui ne fait ni le jourque farinée doit fourrager , ni le lieu oùelle doit aller, lorfqu’on prend la précau-tion de ne le point déclarer.

Quand il i’eroit instruit du jour dufourrage , à moins qu’il ne le soit auffi àpeu-près du lieu où il doit fe faire , il nese&a pas à portée de venir le troubler.

S’il a plusieurs partis ou détachemensen campagne pour le découvrir , il fautque ces détachemens, non-feulement ren-contrent les fourrageurs, mais qu’ilspuissent les suivre pour s’assurer exacte-ment d u lieu que l’on va fourrager ; cequi demande trop de tems pour que l’en-nemi en soit informé assez tôt pour venirtomber en force fur les fourrageurs pen-dant i’opération du fourrage.

S’il fe contente d’y envoyer des trou-pes légeres, l’escorte des fourrageurs se-ra en état de leur résister. Ainsi en obser-vant le secret sur le jour & le lieu dufourrage, on empêche ordinairement que

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rennemi ne prenne des mesures peur letroubler.

1 °. Ou fait enforte de savoir le jourque 1’ennemi doit aller lui-même ai*fourrage ; si l’on en est instruit, on peuts’assurer qu’il s’occupera du sien, & qu’ilne cherchera pas à troubler le vôtre.Mais il faut bien prendre garde que censsoit une ruse de fa part, pour vous enga-ger d’envoyer vos troupes ail fourrage, &tomber fur vous avec les siennes : c’estce qui demande bien de l’attention , lors-que les armées ne font qu’à très-peu de.distance i’une de l’autre.

3 °. Comme le générai a toujours desespions dans le camp dc l’ennemi, il fautqu’ils aient soin d’obferver les dissérensdétachemens qui en sortent, & de lui endonner avis auffi-tôt, en lui marquant lechemin que ces détachemens leur ontparu prendre. Par cette précaution le gé-néral , lorsque ses espions le servent bien,c'est-à-dire lorsqu’il les choisit intelli-gens & qu’il les paie bien , peut juger del’objet de l'ennemi ; s’il croit qu’il aitdessein de tomber fur les fourrageurs, illeur envoie des ordres pour les faire re-tirer promptement.

4 °. Si le général apprend que l'ennemimarche en force pour troubler 1 q four.rage, & que cette nouvelle arrive avantque les fourrageurs puissent être parve-nus au lieu du fourrage , il envoie aussi-tôt au-devant d’eux pour les arrêter; &si l’on présume qu’ils y soient arrivés,on letirfait tes signaux convenus, pour1es rappeller ou les faire retirer. Ces si-gnaux fe font ordinairement par un cer-tain nombre de décharges de pieces decanon.

Si c’est le commandant du fourrage quisoit informé par ses partis que Penneinís’avance en bon ordre pour 1’attaqueravec un nombre de troupes supérieur auxsiennes, il Fait retirer promptement lesFourrageurs, & il envoie au camp pouren instruire le général, & lui demanderdu secours, pour assurer & protéger faretraite ; en attendant il rassemble toutesles escortes, & il leur fait prendre le che-min du camp dans le meilleur ordre qu’illui est possible.

Lorsque les ennemis qni marchentcontre un fourrage sont en grand nom-bre, il est rare que le pays leur permettede marcher fus uu assez grand front pont