Band 
Tome XV. FORE - GENU
Seite
264
JPEG-Download
 

264 FOU

long, snr lin ponce & demi de large, quia le dos abattu en chanfrein fur la pointe,de la longueur d’un pouce & demi , &îe manche avancé jusqu'à la moitié de lalargeur de la lame, de niveau àvec le dos.de huit lignes de longueur fur six d’é-paisseur & autant de largeur. Cet instru.ment porte environ une ligne & demied’épailfeur fur le dos. Pour s’en servir,îe pouce de la droite est appliqué sur lecôté de la lame qui lui correspond , Pin-dex sur le dos, le second doigt sur la pla-tine du" manche, le troisième étendu &couché furie petit doigt afin de prendrela peau.

Quand les peaux sont détachées de ra-nimai , il Faut les passer ; pour cet esset ,on commence par les plier en deux de-puis la tête jusqu’à la queue , que les ou-vriers appellent la culée-, on prend uncarrelet, & on les coud tout autour, lepoil en dedans, ee qui s’appell e bourserles peaux , paree qu’en effet on en faitpar ce moyen une espece de lac ou debourse.

Quand les peaux sont boursées, il fautles mouiller avec du bouillon de tripes,ou de l’urine. Si ce font des peaux d'ours,d u loup ou de chien , on les mouille juf-qfu’à deux reprises, on a foin de pren-dre garde qu'il n’y ait point d'endroitsqui aient pris plus d’humidité que d’a li-tres : sionhumectoit des endroits plusque les autres, on pourroit passer lapeau.

Après que les peaux ont bien bu leureau, on en prend trois ou quatre à lafois, & on les met dans un tonneau dé-foncé par un bout, fans aucun ingré-dient. Un ouvrier nu depuis la ceinturejtìsqu’aux piés, entre dans ce tonneau ,& foule avec les piés: les peaux s’échatif-fent; an moyen d’une ferpiliere qui en-toure le corps de l'ouvrier, & qu’il laisserabattre fur le tonneau, la chaleur ne fedissipe point. On foule ainsi les peauxpendantdenx heures.

Après qu’on les a foulées, on les reti-re du tonneau ; on les oint par-tout avecdu marc d'huile d’olive, ou de la graisse;mais le marc d’hBile vaut mieux. Ensuiteon les remet dans le tonneau, L on lesfoule encore pendant deux heures. CelaAlit, il faut .les triballer. On emploiepour cet esset, un instrument appelle tri-balk , qui est tout semblable à la marque

FOU

dont on fe sert à la campagne pour tra-vailler le chanvre. L’action de triballerles peaux les corrompt & les assouplit.Voy. Triballe fis Triballer les

PEAUX.

Lorsque les peaux ont été triballées,on les étend fur un chevalet tel que celuides chamoifeurs ; on les racle du côté dela chair avec le couteau à écharner, jus-qu’à ce que l’on apperqoive de petitspoints noirs : ces points font la racine dupoil. Si l’on continuoit faction du cou-teau , on détaciieroit le poil du cuir , Lla peau deviendroit défectueuse.

Quand la peau est écharnée, on la frap-pe avec une baguette sur le poil , afin dele faire relever : on a ensuite un tonneautraversé de part en part des deux fondspar un axe, à l’un des bouts dnquel il ya une manivelle. II faut auffi que ce ton-neau soit soutenu comme une roue, pourqu’il puisse tourner sur lui-mênie,& qu’ily ait à son flanc une ouverture de huitpouces en quarré , avec une porte pourla fermer. On a du plâtre pulvérisé bienmenu, auquel ou donne un degré de cha-leur à pouvoir y supporter la main , &à ne point brûler le cuir ; on le met dansle tonneau avec les peaux, & l’on faittourner le tonneau lentement, ensorteque le plâtre puisse s'insinuer entre lespoils de la peau , & les dégraisser: onpeut travailler ainsi quatre à cinq peauxde loup à la fois. II faut pour ce nombrede peaux un demi-boifl'eau de plâtre.

On bat ensuite les peaux dégraisséesjusqu’à ce qu’il n’en sorte point de pous-sière , & après cela on les tire nu fer : cequi consiste à les passer fur un instru-ment ou lame qui a vingt-oinq pouces delongueur fur six de largeur, & qui a letaillant en dos d'âne. Cette opérationrend les peaux nettes de chair , les cor-rompt , & les étend davantage. On a foinque la peau ne se plisse point sur le fer :ces plis lui occasionneraient autant detrous. Lorfqu’on a corrompu la peau furle dos , on la corrompt de même fur leventre.

On tire au fer toutes les peaux, soiten poil, soit en laine, excepté cellesd’ours, qu’on fe contente de bien échar-ner. Ces peaux ne fe dégraissent pointnon plus dans le tonneau comme les au-tres ; on les étend fur une table ; on ade la poussière de mottes de tanneur