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Tome XV. FORE - GENU
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l’emperenr renonçât au droit de main-morte, & cjii'oii restituât à t’égiise lestiì-mes inféodées ; & qu’enfin on exemptâtle ciergé de toute charge féodale. Le papese disposoità rexcommtiiner & à délierses sujets dû ferment de fidélité , lorsquela mort le surprit. Urbain Us s’appretoità suivre le chemin qti’il lui avoir tracé;mais la perte de Jérusalem, que Saladin ,le héros de son lìeele, venoit d’enlevernux chrétiens, changea les sentimens. Lanouvelle de cette perte tourna toutes lespensées du pape vers l’Afie , & le forçade ménager l’empereur. 11 lui persuadaqu’il ne pouvoit employer plus glorieu-sement la fin de son régné qu’à reprendrela ville sainte. On le regardait comme leplus capable de tous les princes de lachrétienté, d'arrêter les progrès de Sala-din qui, après avoir conquis Acre, Da-mas, Alep & Jérusalem , destinoit à sontriomphe le roi Lusignan , son captif.Frédéric, ayant reçu la croix des mainsdes légats, fit publier une paix généraledans l’Empire, & mit au ban quiconqueoseroit la troubler. II partit pour l'Asieavec une armée de cent cinquante millehommes : comme il doutoit de son retour,il partagea sa succeíïìon entre ses enfans,réservant l’einpire à Henri son aîné, déjaroi des Romains. Frédéric dirigea fa routevers l’orient, Sc surmonta tous les obsta-cles que lui opposa l’empereur Grec ,Isaac l’Ange , qui le regardait comme unprince armé pour lui ravir son trône. Ar-rivé sur les bords de l’Hellespont, il chas-se les Turcs qui prétendent lui en dispu-ter le passage ; bat sous les murs d’Iconele plus puissant souda» du pays , & entredans la Cjlicie, où il meurt pours’êtrebaigné dans le Cidnus, de la maladie qui,avoit presque coûté la vie à Alexandre,prince qui, avec une foible partie de laGrcce , avoit conquis le plus grand em-pire du monde, dans un pays où PËuropeconjurée ne put conserver une seule pro-vince.

Frédéric eut deux femmes, Adelle ouAdélaïde de Volbourg, qu’il répudia com-me étant fa parente, quoiqu’il ne l’eûtépousée qu’avec dispense. Béatrix deBourgogne, qu’il épousa du vivant decette princesse, euteinq fils & deux filles,savoir , Henri VI qui régna ; Frédéric futdue de Suabe , accompagna son pere dansla croisade, & mourut à Acre eu à ?to-

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lémaïde; Conrad qui futducdeFranconie& de Suabe, après la mort de son frèreFrédéric; Otton, le quatrième, eut lecomté de Bourgogne; Philippe, le cin-quième, n'cut aucun apanage, ceft lemême qui fut élu pour succéder à HenriVI; Sophie, l’ainée des deux princesses ,épousa Conrad, marquis de Misoie ; Béa-trix , la cadette , fut abbesse de Quites-bourg. Les Allemands , naturellementjaloux d’une haute taille , se livrèrentdans les cominencemens à des satyres of-fensantes contre ce prince. Un jour levoyant auprès de Waldemar le Danois,qui le surpassait de toute la tête , ils s’on-blierent jusqu’à dire , petite taille , petithomme ; ils connurent par les événemensde son régné , combien ce proverbe étaitpeu judicieux. ( M-T. )

FrÉdebic II, de la famille de Suabe:Hift. d'Allemagne , roi de Sicile , de Na-ples & de Jérusalem, dix-septieme roiou empereur de Germanie depuis Con-rard I, vingt-unieme empereur d'oeai-dent depuis Charlemagne , né en 1193 deHenri VI & de Constance de Sicile, éluempereur en iîîï , mort en nço.

Frédéric avoit à peine quatre ans, lorf-qu’il perdit Henri VI son pere, qui pourlui préparer une voie à l’Empire, l’avoitfait reconnaître roi des Romains (1196) ;mais ce titre ne lui fut d'aucun secours;Les états,ne voulant pas d’un enfant pourempereur, avaient forcé Philippe, sononcle & son tuteur , de recevoir la cou-ronne pour lni-même. Ce jeune prince,ainsi exclu du trône , se retira en Sicile ,qu’il gouverna comme roi feudataire dusaint siégé , sous la tutele & la régence del’impératrice Constance fa mere. Cetteprincesse inspira à son pupille l’amourdes vertus, & lui fit sentir de bonne heu-re qu’il étoit destiné aux grandes choses.Le jeune Frédéric étoit doué des plusheureuses qualités : il joignait à une mé-moire prodigieuse, la paffian de tout sa-voir. A peine sorti de l’enfance, il possé-dait la plupart des langues anciennes &modernes: il parloit avec une extrêmefacilité le grec, le latin , le turc, le fran-çais , c’est-à-dire, le roman, l'italien & letudefque. Tant qu’il fut incapable derien exécuter par lui-même , l’impératri-ce , fa mere, le retint loin des orages ; &Philippe , qu’elle eût pu traiter d'usurpa-tîur, «'éprouva aucune contradiction de