420 F R O
rement solides la plupart de ces derniers,lorsqu’il a atteint un certain degré sus-ceptible de plusieurs variétés détermi-nées par les circonstances, & qui bail-leurs n’est pas le même, à beaucoup près,pour tous les fluides dont il est ici ques-tion. On ne sauroit nierau moins qu’iln’aceompagne toujours la congélation,L c froid produit beaucoup d’autres effetsmoins généraux , qui paroiffent se rap-porter à ceux que nous venons d’indi-quer.
Les Philosophes ne font pas d’accordfur la nature áa froid. Aristote & les pé-ripatéticiens le définissent une qualité outin accident qui réunit ou rassemble in-différemment les choses homogènes ,c’est-à-dire de la même nature & espece,& les choses hétérogènes, ou de différen-te nature. C'est ainfi , disent-ils , quenous voyons pendant la gelée le froidunir tellement ensemble de Peau, despierres, d» bois & de la paille, que tou-tes ces choses semblent ne plus compo-ser qu’un seul corps. Cette définition estopposée à celle que ces mêmes philoso-phes nous ont donnée de la chaleur,dontle caractère distinctif, selon eux, est derassembler des choses homogènes, & dedésunir les hétérogènes. II y a dans cettedoctrine beaucoup d’illufion & d’erreur :il est faux que le froid rassemble toujoursindifféremment toutes sortes de corps.Quand on expose dans nos climats , duvin, du vinaigre, de l’eau-de-vie, à uneforte gelée, ces liqueurs se décomposent;la partie aqueuse du vin , par exemple,est la seule qui se glace; l’esprit conservesa fluidité,& le tartre se précipite.On voltici une vraie séparation de plusieurs subs-tances , une entiere désunion. En secondlieu , les mots d’accident, de qualité , &tous les autres semblables,n’éclairciffentrien par eux-mêmes, il faut y joindre desexplications particulières.
Epicure, Lqcrece, & après eux Gas-sendi , & d’autres philosophes corpuscu-laires regardent 1 e froid comme une pro-
Í iriété de certains atomes ou corpusculesrigorifiques absolument différens parleur nature & leur configuration des ato-mes ignés, qui, selon les mêmes philo-sophes , font le principe de la chaleur.Le sentiment de froid dépend de faction jde ces corpuscules frigorifiques fur les |Organes de nos sens. On verra dans la >
F R O
fuite de cet article, ce qu’il Faut penserde cette opinion. Selon la plupart desphysiciens modernes, le froid en géné-ral n’est qu’une moindre chaleur.Le n’estdans les corps qu’une propriété purementrelative ; un corps qui possede un certaindegré de chaleur, est froid par rapport àtous les autres corps plus chauds que lui ,■& il est chaud , si on le compare à descorps dont le degré de chaleur soit infé-rieur au sien. Les glaces d’Italie font froi-de: , comparées à de l’eau dans son étatordinaire de liquidité ; mais par rapportaux glaces de Groënland,elles font chau-des ; l’eati bouillante ePt froide relative-ment au Fer Fondu. Suivant cette idée ,nul corps , s’il n’est privé de toute cha-leur , ne sanroit être absolument froid.Nous appellons/reûir, dit M. s’Grave-scnde , Element phyfiq. lib. III, page i,cap. 6, pr. edit. les corps moins chaudsque les parties de notre corps , aux qu el-les ils font appliqués, & qui par cela mê-me diminuent la chaleur de ces parties ,comme nous nommons chauds ceux quiaugmentent cette chaleur. A notre égardìe froid, continue le même auteur, n’estque le sentiment qn’excite en nous la di-minution de chaleur que notre corpséprouve. II y a de la chaleur, ajouL-t-il,dans un corps que nous nommons froid -,mais une chaleur toujours moindre quecelle de notre corps, puisqu'elle diminuecelle-ci. Voyez cet auteur, à l’endroitque nous venons de citer; Mariotte,froi-Jìetne Essai de physique ; Muffchenbroek,Ejfai de Phyfque , tom. I, chap. r6 ve.sla sin ; Hamburger , Element phyjìq. n.493 & seq. Le.
Qu’eft-ce qtt’ttne moindre chaleur? Laréponse à cette question dépend visible-ment de l’idée qu’on doit se former de lachaleur en général. On sait que les physi-ciens font partagés fur cet article.Le plusgrand nombre, persuadés que le feu estun corps particulier distingué de tous lesautres, croient que la feule présence dece même Feu mis en mouvement, consti-tue la chaleur. C’est le sentiment le plusvraisemblables qui paroîtle mieux s’ae-eorder avec l’observation. Voy. Feu &Chaleur. Au reste, comme la chaleurdans tous les systèmes imaginés jusqu’idpour en expliquer la nature, est suscep-tible d’augmentation & de diminution ,il est clair que dans chacun de ces systè-