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Tome XV. FORE - GENU
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causer íu dérangement dans les climats.On ne niera point, par exemple , que leclimat de Paris ne loi t en général plusfroid que celui de Montpellier ; cepen-dant il a fait plus froid en certaines an-nées à Montpellier qu’à Paris. Un ventde nord-ouest ou de nord-eft soufflantdans l’nne de ces deux villes , pendantque le fud-ouest régné dans l’autre, rendsuffisamment raison de cette irrégula-rité.

Nous avons beaucoup-parlé des ventsde nord, de nord-ouest, de nord-est, esc.qui, régulièrement parlant, font les plusfroids de tous : les vents d’est & d’ouestpeuvent aiiffi contribuer dans certainscas à la rigueur de i’hiver. II suffit pourcela que dans Ics pays d’où ils viennent,le froid soit actuellement conlidérable.Le vent d n sud même elì/roid en certai-nes circonstances, comme on réprouve àParis, quand les montagnes d’Anvergneméridionales à l'égard de cette capitale ,font couvertes de neige.

Un vent de nord , comme tout autrevent, selon les obstacles & les différen-tes résistances qu’il trouve , change dedirection & passe à l’est, à l'ouest,ou mê-íhe au sud , sans perdre fou degré defroid .On peut expliquer par-là pourquoien 1709 il gela très - fortement à Parispendant quelques jours par un petit ventde sud. Ce vent succédant à un vent denord qui venoit de loin & qui s’étendoitloin. n’étoit qu’un reHux du même airque le nord avoit pouffé, Si qui ne s’étoitrefroidi nulle part. Voy. V Hift.de l’acud.des sc. ann. 1709 , p. 9.

O11 volt par tout ce qui vient d’ètredit, jusqu’oùpeut aller l’influence desvents fur la production du/raíi,& en gé-néral fur les saisons. Les vents étant fortvariables, fort iueonsians dans les zonestempérées,les faisons par une conséquen-ce nécessaire y seront pareillement su jet-tes à de grandes variations. V. Vent &Saison.

Quoique certains vents, ceux du nordsur-tout, produisent 1 e froid de la ma-niéré que nous Lavons expliqué, ce n’estpourtant pas lorsqu’ils soufflent avecplus de violence que ie plus grand/m,ise fait sentir. 11 ne régné d’ordinairequ'un petit vent pendant les plus fortesgelées. Les grands vents échauffent unpsu l’air par 1* frottement qu’ils eau-

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sent. Si le vent, généralement parlant,refroidit plus nos corps qu’un air quin'elì point agité, c’est par une raison con-nue de tous les physiciens. On fait quenos corps , naturellement plus chaudsqu’un air tranquille qui les environne,échauffent une partie de cet air, & par-làfe trouvent comme plongés dans une ath-moíphere d'une chaleur souvent égale oupeu inférieure à celle de nos organes. Orles vents enlèvent & dissipent prompte-ment cette athmosphere chaude, pourmettre un air froid à sa place: il n’en fautpas davantage pour qu’un air agité nousparoisse beaucoup plus froid qu’un airtranquille refroidi précisément au mêmedegré.

L’instrument qui sert à mesurer lesdegrés de cnaleur, comme ceux du froid,est connu fous le nom de thermomètre j ilest fondé fur la propriété qu’a la chaleurde raréfier les corps,fur-tout les liqueurs,& fur celle qu’a le froid de les condenser.V. THERMOMETRE.

Le thermomètre nous a appris que leplus gran d froid se faisoit sentir chaquejour environ une demi- heure après le so-leil levé; c’est au moins ce qui arrive lepins souvent, & en voici, je crois,la prin-cipale raison. La chaleur imprimée à uncorps ne se conservant que quelque tems,la terre & l’air fe refroidissent depuistrois ou quatre heures après midi jus-qu’au foi r, L plus encore pendant la nuit:ce refroidissement doit continuer mêmeaprès le lever du soleil, jufqu’à ce que cetastre,dont faction est très-fnible à l'hori-zon, ait acquis par son élévation assez deforce pour communiquer à l’air & à laterre plus de chaleur qu’ils n’en perdentpar la cause qui tend toujours à les re-froidir.Or c’est ce qui n’arrive qu’au boutd’une demi heure 011 environ,la hauteurdu soleil commenqant alors à être un peuconsidérable.Au reste,ici comme ailleurs,les vents peuvent causer d'assez grandesirrégularités. On a vu quelquefois, maisrarement, le froid de l’après-midi sur-passer celui de la matinée; ce qui venoitd’un vent qui s’étoit élevé vers le milieudu jour.

Depuis qu’on a rectifié la constructiondes thermomètres , 011 a observé avecbeaucoup d’exactitude certains froids ex-cessifs en différens lieux de la terre. Latable suivante fera connoìtre quelques-