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chaleur par elle-même , qu’un morceaude glace j & les corps même des animauxchauds, n’ont après leur mort pas plusde chaleur que tous les corps inanimésqui lés environnent, à moins que ce netoit par l’effet de la putréfaction , ainsiqu’il arrive au foin, qui est susceptible,par les différons mouvemens intestinsqui peuvent s'exciter dans fa substance ,de devenir plus chaud que le milieu danslequel il fe trouve : de même feffervef-cence chymique fait naître de la chaleurdans l’uuion , le mélange de certainscorps, par le rapport qu’il y a entre eux,qui séparément n’auront que la chaleurde tous les antres corps ambiaus inanimés.
II fuit encore de ce qui a été établiprécédemment, que nous pouvons mê-me , fans qu’un corps change de milieu ,éé avec une température constamment larnéme, juger différemment relativementau chaud & au froid dont ce corps peutexciter en nous la sensation ; ce qn’on nedoit attribuer qu’à la différente disposi-tion de l'organe de nos sensations. Qn’onexpose en hiver une main à l'air jusqu’àce qu’clle soit froidei qn’on chauffe l’au-tre main au feu , & qu’on ait alors unpot rempli d'eait tiede anísi-tót qu’onplongera la main chaude dans cette eau ,<>n dira qu’eile est froide respectivementau degré de chaleur qu’on sent dans cettemain ; qu’on plonge , après cela la mainfroide dans la même eau, & on jugeraqu’clle est chaude, parce qu’elle a en ef-fet plus de chaleur que cette main n’enfentoit avant d’être plongée. Voyez à cesujet les Es. de phys de Muffchenbroek.
Nous ne jugeons donc pas, suivantla véritable disposition des corps qui soilthors de nous , à l’égard du chaud ou dufroid , mais suivant que ces corps fontactuellement exposés à faction dn feucomparée avec celle qui a lieu dans notrecorps, dont les organes sensitifs portenteontinuellement-à l’ame les impressionsqu'ils reqoivent, par l’effet de la chaleurvitale jointe à celle du milieu dans le-quel nous nons trouvons ; enforte que l’a-me porte ensuite son jugement par com-paraison des corps plus ou moins chauds ,que celui auquel elle se trouve unie.
C'est ainsi que l’on peut rendre raisonpourquoi les caves nous paroiffent/Voi-des en été & chaudes en hiver. Si l'onsuspend tin thermomètre dans une cave
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assez profonde, pendant toute une an-née , on trouvera que la cave est pluschaude en été qu’en hiver ; mais qu’il n’ya pas une grande différence du plus.grandchaud au plus grand froid qn’on y peutobserver. II paroît par-là que quoiqueles caves nous semblent être plus/mderen été , elles ne le font pourtant pas, &que cette apparence est trompeuse. Voicice qui donne lieu à ce phénomène.
En été, notre corps se trouvant expo-sé au grand air, notre chaleur étant tou-jours de quatre-vingt-quatorze à quatre-vingt-dix-huit degrés, la chaleur dugrand air est alors dans les climats tem-pérés de quatre-vingt à quatre-vingt-dixdegrés; au lieu que l’air qui fe trouvedans ce tems-là renfermé dans les caves,n’a qu’une chaleur de quarante-cinq àcinquante degrés; de forte qu’il a beau-coup moins de chaleur qne notre corps& que l’air extérieur : ainsi dès qu’on en-tre dans une cave, lorsqu’on a fort chaud,on y rencontre un air que l’on senttrès-froìd , en comparaison de l’air extérieur,qui est presqu’ausfi chaud qu’on l’est ioi-rnême en hiver; au contraire, lorsqu’ilgele , \tfroid de fair extérieur peut aug-menter depuis le trente-deuxieme degrédu thermomètre de Fahrenheit, jusqu’àzéro , tandis que la température de la ca-ve reste encore à quarante-trois degrés;ainsi nous trouvant exposés dans ce tems-là à Vair froid extérieur, qui fait fur no-tre corps une impression proportionnée,& qui le refroidit en effet, nous n’entronspas plus tôt dans une cave, que noustouchons chaud fair qui nous avoit parufroid en été, lorsque la température yétoit à peu près la même : ce qui arrivedonc par la différente disposition avec la-quelle nous y entrons : d'où il résulte quenous ne pouvons pas savoir ni juger,par la seule impression que l’air faitsur nous dans la cave , relativement auplus on moins de Feu qu’il contient,s’il y en a effectivement davantage, oupour mieux dire , s’il est plus en actionen été qn’en hiver. Ce n'est qu’à l’aide duthermomètre, que nous pouvons être as-surés qu’il y a plus de chaleur dans les ca-ves en été qu’en hiver, puisque c’est pré-cisément le contraire de ce que nouséprouvons, par les différentes sensationsqui en résultent.
Mais quelle est donc la disposition deE e ï