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Tome XV. FORE - GENU
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servoit autrefois dans les armées pourlancer des pierres, & même des balles deplomb, avec violence.

Pline prétend que les peuples de la Pa-lestine font les premiers qui fe soient ser-vis de la fronde, & qu’ils y étoient flexercés, qu'ils ne manquoient jamais lebut. Un passage de l’Ecriture rapportépar le pere Daniel dans son Hifloìre de lamilice française , prouve leur adresse ense genre. On trouve dans ce passage ,qu'il y avoit dans la ville de Gabaa septcents frondeurs , qui tiroient fl justeqai’ils auroient pu fans manquer toucherun cheveu , fans que la pierre jetée fe fûtdétournée de part ou d’autre. [«]

Les habitans des isles Baléares , au.jourd’hui Majorque & Minorque, entété auífl très-fameux chez les anciens,par leur habileté à fe servir de cette arme.Dans les expéditions militaires ils je-toient, suivant Diodore de Sicile, deplus grosses pierres avec \n fronde qu'a-vec les autres machines de jet. “Quand,, ils assiègent une place , dit cet auteur,„ iis atteignent aisément ceux qui gar-dent les murailles ; & dans les batail-„ les rangées ils brisent les boucliers,„ les casques, & toutes les armes défeu-lives de leurs ennemis. Ils ont une tel-le justesse dans la main, qu’il leur ar-rive peu souvent de manquer leurcoup. Ce qui les rend fi forts L siadroits dans cet exercice, continue cemême auteur, c’est que les meres mê-me contraignent leurs enfans, quoi-que fort jeunes encore, à manier con-tinuellement la fronde. Elles leur don-nent pour but un morceau de pain jpendu an bout d’une perche, & ellesles font demeurer à jeun jufqu’à cequ’ils aient abattu ce pain ; elles leuraccordent alors la permission de le-, manger.” Diodore de Sicile, trad.deM. l’abbé Terrasson , tomeII , sage 217.

Végece, rapporte auffi à ce sujet, queJes enfans de ces isles ne mangeoientd’autre viande que celle du gibier qu’ilsavoient abattu avec la fronde.

[ a J Habitatores Gabaa , quiseptingcntierant viri fortijsìmi... .fcfundìs lapidesíid certum j rident es, ut capillum quoque■pojfint percutere , £$7 nequaqmm ìn alté-rai» partem ictus lapidis deferretur , Z.Jui. cap. 20,

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Les frondeurs, conjointement avec lesarchers ou gens de trait, servoient à es-carmoucher au commencement du com-bat; & lorsqu’ils avoient fait quelquesdécharges ou qu’ils étoient repoussés, ilsfe retiroient derrière les autres combat-tant , eu passant par les intervalles destroupes.

Les Romains, ainsi que les autres na-tions, avoient dés frondeurs dans leursarmées. F. VÉlites.

“ Nos peres, dit Végece , fe servoient„ de frondeurs dans leurs batailles. En„ effet, des cailloux ronds lancés avec„ force fout plus de mal, malgré les cui-n rasscs & les armures, que n’en peu-,, vent faire toutes les fléchés; & l’on« meurt de la contusion fans répandre„ une goutte de sang. ” Traduction deFégece par M. deSigrais.

Les François ont fait aulsi usage de lafronde dans leurs armées. Us ont mêmecontinué de s’en servir long-tems après['invention de la poudre à canon. D’Au-bigné rapporte qu’au siégé de Sancerre en1572 , les paysans huguenots réfugiésdans cette ville , s’en servoient pourépargner la poudre.

Selon Végece, la portée de \i frondeétoit de six cents pas. V. Frondeurs.

ce)

L’effet de la fronde vient principale-ment de la force centrifuge. La pierrequi tourne dans h fronde, tend continuel-lemenfà s’échapperpar la tangente ( v.Centrifuge S^Force, ) & tend lafronde avec une force proportionnelle àcette force centrifuge; elle est retenuepar Faction de la main qui en faisanttourner la fronde , s’oppose à la sortie dela pierre; & elle s’échapps par la tan-gente, dès que Faction de la main cesse.On trouve au mot Central , des théo-rèmes par lesquels on peut détermineraisément la force avec laquelle rmefron-de est tendue , la vitesse de la pierre étantdonnée. Cette force esta la pesanteur dela pierre, comme le double de la hauteurd’où la pierre auroit dû tomber pour ac-quérir la vitesse avec laquelle elle tour-ne, est au rayon du cercle. Foy. auffi lemot Force. 11 est bon de remarquer quela pesanteur du corps altéré un peu cetteforce de tendance, en la diminuant dansla partie supérieure du cercle, & en. Ul favorisant dans la partie inférieure. ït est