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Tome XV. FORE - GENU
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qu’aveece cortege, il fera plus aisémentle voyage dans l’autre monde , & qu’ilfera mieux reçu de pins grands capitai-nes de la nation, qui le conduiront aveceux dans un lieu de délices. Pendant quetout cet attirail s’ajuste dans le cercueil ,les parens du mort affilient à cette céré-monie en chantant d’nn ton lugubre, &en remuant en cadence un bâton où ilsont attaché plusieurs petites sonnettes.(D. J.)

Funérailles des Ethiopiens. Lors-que quelqu'un d’eux vient à mourir , onentend de tous côtés des cris épouvanta-bles , tons les voisins s’aíïemblentdans lamaison dit défunt , & pleurent avec lesparens qui s’y trouvent. On lave le corpsmort ; après savoir enveloppé d’un lin-ceul! de coton, on le met dans un cer-cueil , nu milieu d’une salle éclairée pardes flambeaux de cire : on redouble parles cris & les pleurs au fou des tamboursde basque ; les u us prient Dieu pourl’ame du défunt, les autres disent des versà fa louange ; d’antres s’arrachent lescheveux , & d’autres fe déchirent le vi-sage , pour marquer ieur douleur : cettefolie touchante & ridicule dure jusqu’àce que les religieux viennent lever lecorps. Après avoir chanté quelques pfeau-mes, & fait les encenfemens, ils fe met-tent en marche, tenant à la main droiteline croix dc fer, un livre de prières à lagauche , & psalmodient en chemin : lesparens & amis du défunt suivent, & con-tinuent leurs cris avec des tambours debasque. Ils ont tons la tête rasée , qui estla marque du deuil. Quand on passe de-vant quelque église, le convoi s'y arrête ;on fait quelques prières, & ensuite oncontinue sa route jusqu’au lieu de la sé-pulture. Là on recommence les encenfe-mens ; on chante encore pendant quelqueiemsdes pseaumes d’un ton lugubre, &on met le corps en terre. Les affiltans re-tournent à la maison du défunt, où onleur fait un festin : on s'y trouve matin &soir pendant trois jours, & on ne mangepoint ailleurs. Au bout de trois jours, onfe sépare jusqu’au huitième; & de huiten huit jours, on fe rassemble pendantlin certain espace de t ems , pour pleurerle défunt, & manger chez lui.

Au surplus, les gens curieux de par-courir les folies des hommes en fait defunérailles, les trouveront semées dans

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le grand ouvrage des cérémonies relipsu*ses, & raflembiées dans le petit traité de' Muret, pere de l’Oratoire, des cérémoniesfunèbres de toutes les nations. Paris 1675 ,in-iz.(D.J.y

FUNERAILLES des chrétiens , Hift.mod. eccléjiust. “Les chrétiens de la pri-mitive église, dit M. l’abbé Flenry, pourmieux témoigner ìa foi de la résurrection,avaient grand foin des sépultures, & yfaifoient grande dépense, à proportionde leur maniéré de vivre. Ils ne hrúlnicntpoint les corps , comme les Grecs & lesRomains ; ils n’approuvoient pas nonplus la curiosité superstitieuse des Egyp-tiens , qui les gardoient embaumés & ex-posés à la vue fur des lits dans leurs mai-sons ; mais ils les enterroient selon la cou-tume des juifs. Après les avoir lavés , ilsles embaumaient, & y employoient plusde parfums , dit Tertullien, que lespaïens à leurs sacrifices ; ils les enveiop-poient de linges très-tìns 011 d'étosses defoie; quelquefois ils les revétoient d’ha-bits précieux ; ils les exposaient pendanttrois jours, ayant grand foin de les gardercependant & de veiller auprès en priè-res : ensuite ils les portoient au tombeau,accompagnant le corps avec quantité decierges & de flambeaux , chantant despleaumes & des hymnes pour louer Dieu ,& marquer l’efpérance de la résurrection.On prioit auísi pour eux ; on offroit lesacrifice; & l’on donnoitaux pauvres lefestin nommé agapes, & d’autres aumô-nes. On en renouvelloit la mémoire aubout de l’an, & on continuoit d’anriée enannée , outre la commémoration qu’onen faifoit tous les jours au saint sacrifice.

„ L’église avoit ses officiers destinéspour les enterremens, que l’on appelloifcen latin foffores , laborantes , copiata,c'est à-dire ,foJp>yeurs ou travailleurs, Scqui fe trpuvent quelquefois comptés en-tre le clergé. On enterroit souvent avecles corps différentes choses pour honorerles défunts, ou pour qn conserver la mé-moire ; comme les marques de leur digni-té , les instrumens rie leur martyre , de*phioles ou des éponges pleines de leursang, les actes de leur martyre, leurépitaphe, ou du moins leur nom , des mé-dailles, des feuilles de laurier ou de quel-qu’autre arbre toujours verd, des croix,i’évangile. On obfervoit de poser le corpsfur le dos, le visage tourné vers louent.