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Tome XV. FORE - GENU
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fournissent des ordonnances pour en-voyer en dissérens bourgs & villages duBoulonnoîs pour commander aux régi-anens de s'assemblcr & de marcher auxrendez-vous généraux , tant au-delàqu’au-deçà de la Lyanne.

Cette opération est d’nne exécution Fa-cile & prompte ; & en douze heures i’of-ficier général qui commande en Boulon-nois , peut être sûr d’avoir sept à huitmille hommes fous les armes. L’ordreétabli en Boulonnois est très-bon ; il n'estpoint à charge au pays; l’esprit militaires'y conserve. Cette province, la plus voi-sine de l’Angleterre , peut se garder parses propres forces, fans que la culturedes terres en souffre.

Pendant la derniere guerre les trou-pes enrégimentées étoient fort belles ;elles ont bien servi, & étoient très-biencomposées d’officiers.

Nous avons plusieurs provinces mari-times, où le même ordre ferait très-utileà établir.

En tems de guerre tous les postes desgardes-eôtes ont un signal qui peut êtreapperqu des postes de droite & de gau-che. Ces signaux s’exécutent pendant lejour avec des drapeaux & des flammes,telles que celles des galères ; pendant lanuit, avec des Fanaux & des feux. Dansle Boulonnois, le roi entretient en temsde guerre un guetteur fur la montagnedu Grinez & fur celle du Blanez. Cesdeux montagnes Forment les pointes dela petite baie de Willan , que l'on croitêtre l’aneien portus ISlius des Romains;mais qui n'est pins aujourd'hui d'aucunusage, par la quantité de sables qui l’ontcomblé, & qui ont même entierementcouvert tout le terrein où l’ancienne villede Willan étoit bâtie.

Le guetteur dn Grinez Fe trouve dansle cap de France le plus proche de l’Ân-gleterre : le trajet en droite ligne n’estque de cinq lieues & demie, à 2400 toi-les la lieue. Ce guetteur découvre avec Falunette la moindre barque qui Fort duport de Douvres : deux cavaliers d’ordon-nance restent de garde au Grinez pourfaire leur rapport à Boulogne.

Le guetteur du Blanez découvre toutce qui Fort des Dunes & double la pointedeÛanjeneaffc; des ordonnances du Ca-laisis y restent de garde, Sc font leur rap-port à Calais.

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De la tour deDnnkerque le guetteurdécouvre tout ce qui fort de la Tamise;toute cette partie des côtes de Francevoit à l’instant ce qui fe passe fur lesbords opposés , d’où l’on ne peut décou-vrir nos manœuvres, nos côtes étant plusbasses, & la mer les couvrant : ce qui fedéfinit, en terme de marine, en disantque la mer mange la côte. Les capitainesgardes - côtes doivent connoître tous lessondages de retendue de la côte qu’ilsont à garder , ponr juger sûrement desendroits où il est possible de faire unedescente.

Cette connoissance est très-facile àprendre fur les côtes de la Méditerranée,où le flux le plus haut ne monte pas àlin pied; mais fur les côtes del’OcéanilFaut évaluer toutes les différentes hau-teurs des marées, qui varient selon lessaisons & le tems des équinoxes , & deuxfois tous les mois régulièrement, en sui-vant les quartiers de la lune; ce qui faitdeux changemens considérables en vingt-huit jours. Les gens de mer nomment ccsflux réglés, vive.eau Sc morte-eau. Telpetit port des côtes de l’Océan ne pour-rait recevoir de morte-eau un bâtimentde60tonneaux, qui peut en recevoir unde 300 de vive-eau. Cette connoissanceparaît avoir été négligée;cette évaluationest cependant très-importante à Faire,soitlorsqu’on médite quelqu’embarquement ,soit lorsqm’on peut craindre quelque des-cente.

D’espace en espace il v a des batteries& des redoutes fur le siord de la mer ;quelques-unes font armées en bronze ;& les canons, leur service & leur gardeappartiennent à l’artillerie & aux trou-pes de terre ; les antres, qui font arméesenfer, appartiennent à la marine, &font gardées & servies par des détache-mens de troupes de la marine ou desgar-des-côtes. En tems de guerre, les unes &les autres font également fous les ordresde l’officier général commandant dans laprovince.

Ces batteries font placées, le plus qu’ilest possible , dans les endroits où la merfait échor , terme dont les marins fe fer-vent pour indiquer un point de la côte oùle fond est assez profond pour que la merreste près de la côte à basse mer, même-pendant le tems de morte-eau.

11 ferait à desirerqu’on mît plus d’uni-