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Tome XV. FORE - GENU
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des œufs & leur forme, à l’égard desquelson propose des doutes, des questions, quine semblent pas aisées à résoudre. Cen’eft pas ici le lieu d’entrer dans ce détail.V. Ovaire , Œuf. Quant aux difficul-tés du premier genre, une de celles quel’on ne doit pas omettre ici, d’autantplus qu’on la regarde comme étant desplus fortes, c’est la ressemblance des en-cans , tantôt au pere, tantôt à la raere,& quelquefois à tous les deux ensemble.

Si le fœtus est préexistant dans bœufde la mere , comment se peut-il quel’enfant ressemble à son pere ? Cetteobjection passe communément pour êtreinsurmontable, mais ne pourroit-onpasla faire cesser d’être telle , en répondantque la disposition des organes de l’em-brynn , avant & après la fécondation,dépend beaucoup de l’activité plus oumoins grande , avec laquelle s’exerce ,s’entretient la vie de la mere, & del’influence de cette activité , pour qu’ilsoit conformé de telle sorte ou de tellemaniéré, analogue à celle dont cettemême action de la vie ( i vis vitre ) dans lamere a conformé ses propres organes ,& que cette même disposition des par-ties de I’embryon ne pent que dépendresuffi plus ou moins de la force avec la-quelle elles ont été mises en jeu par l’effetde l’efprit séminal du pere, dont ellesont été imprégnées : d’où il s’enfuit quela ressemblance tient plus ou moins dupere ou de la mere, selon que l’un oul’autre a plus ou moins influé, par celamême qu’il fournit dans la génération &la formation ou le développement du fœ-tus, fur le principe de la vie & l’organi-íation de l’embryon, qui en reqoit à pro-portion une forme plus ou moins appro-chante de celle du pere ou de la mere;ce qui peut rendre raison, non-fenlementde ce qu’on observe par rapport à la res-semblance quant à la figure, mais encorepar rapport à celle du caractère.

Une autre des difficultés générales quel’on propose, qui est plus embarrassanteque la précédente, c’est le progrès à l’in-fini par rapport aux embryons contenusdans les œufs. de maniéré que la pre-mière femme devoit renfermer tons lesembryons des hommes qui ont été, quifont & qui seront, & de ceux qui parla fécondation auroientpn, peuvent, Lpoiirroient être. On ne peut pas se diffi-

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muler que cette difficulté ne soit d’untrès-grand poids, malgré l'idée de la di-visibilité possible de la matière à l’infini,parce que ce n’est qu’une idée qui, lorf-qii’ou essaie de la réduire en acte parle calcul, étonne l’imagination autantqu’elle paroissoit d’abord la contenter.En effet, selon la supputation que l’ontrouve dans YHistoire naturelle de M. deBuffon, tome 111, chap. ;, l’homnie se-roit plus grand par rapport à l’embryoncontenu dans l’cenf de la fixieme géné-ration en remontant, que la fphere del’nniversnel’est par rapport au plus pe-tit atome de matière qu’il soit possibled’appercevoirau microscope. Que femit-ée , dit cet illustre auteur, fi l’on pouffaitce calcul seulement à la dixieme généra-tion ; calcul qui peut s’appliquer aux versfpermatiques, comme aux œufs ? 11 fautencore convenir que l’expansibilité desmatières odoriférantes , de la lumièremême ne fait pas évanouir ce que cettefupputatien présente de fort contre lavraisemblance du progrès à l’infini.

C’est pour éviter cet écueil, que quel-ques physiciens modernes ont cru de-voir chercher dans les opinions des an-ciens , des explications plus satisfaisantesdu mystère de la génération , comme on afait à l’égard de celle de la formation del’univers , que l’on a pour la plupart re-nouvelle des Grecs, & fur-tout d’Epi-eure : c'est ainsi que le savant auteur de laVénus physique a commencé par proposerde revenir au mélange des deux semen-ces , fait de celle qui est attribuée à lafemme, comme de celle de l’homme ; &pour rendre raison du résultat de ce mé-lange, il a recours à l’attrastion : pour-quoi , dit-il, si cette force existe dans lanature, n’auroit-elle pas lieu dans la for-mation des animaux? Qu’il y ait dans cha-cune des semences des parties destinées âformer le cœur, les entrailles, la tête, lesbras & les jambes, & que cesparties aientchacune un plus grand rapport d'uníonavec celle qui, pour la formation de ra-nimai , doit être fa voisine, qu’avec tou-te autre, le fœtus fe formera; & fut-ilencore mille fois plus organisé qu’il n’est,ajoute ce physicien, il fe formeroit : cequ’il assure comme une induction, parcomparaison de ce qui se passe dans la for-mation del’arbre de Diane, qui fe faitpar lin pareil principe du rapport d’affi-