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Tome dix-huitieme. I - JOM.
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rent pourtant pas les brillantes conquê-tes qui lui assurèrent les titres les plusincontestables à l’adrniration desos con-temporains , & à l’estime de la posté-rité: ce fut fa grandeur d’ame, & cedésintéressement, plus rare encore , quile porta à renoncer à un trône fur lequelil avoit les droits les plus sacrés, lesplus incontestables ; sacrifices d’autantplus généreux, que rien alors ne résif-toit à la force de ses armes ; auffi cetteaction noble, grande, sublime le íit-elleregarder comme .un héros dans le sensle pins rigoureux. Ce héros cependant felignaloií aussi p!r des actes d’injustice,d'usurpatioi), de violence qui eussent faitrougir l’bomme le moins jaloux de fa ré-putation , Sc dans le temps qu'il renon-çait à nn royaume qui lui appartenoit,il en ufurpoit un autre par la force, laviolence , & contre la foi des traités.Qrfétflit-ce donc que ce Jacques I> unsouverain ambitieux , enflammé du désirde remplir l’Europe & la terre du bruitde ses actions guerrières & héroïques,il y teuffit : on s’oecupa beaucoup de lui.Mais depuis le XIII e . siécle, combienpeu de personnes y a t-il qui cosnoissentí’existence du roi Jacques I; Au leste cen’elt pas qui ce prince ne réunît à îa pluséclatante valeurs des taíens supérieurs &quelques vertus: il fut d’ailieurs excel-lent politique , habile négociateur ; &toutefois , malgré tant de huilantes qua-lités , son nom à peine s'est sauvé de l’ou-bli. Si les rois conquérans favoient com-bien peu, loisqu’iis ne feront plus, ons’occupeta d’eux , leur amour propre fe-rait cruellement humilié ! Jayme pour-tant mérite qu’on lui donne quelques li-gnes. 11 étoit fils de don Pedre II , roid’Aragon , & de dona Marie, fille uniquedu comte de Montpellier , & il naquitle premier février 1:07. II n’avoit pasencore sept ans lorsque la mort d c i'011père, tué à la bataille de Monte, fit passersur sa tête la couronne d’Aragon : maisce ne fut qu’après bien iles troubles sus-cités par ses oncles qui voulaient lui ra-vir le íccptre, que les grands du royaumeattachés au sang de leurs souverains, par-vinrent à le faite reconnoître pour roi,& formèrent un conseil de régence à latête duquel ils mirent don Sanehe ; comtede Roulfilion , son grand oncle, & Celui-là môme qui avoit fait ies plus grands

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efforts pour s’asseoir fur le trône. On s’ap-perqut bientôt de l’imprudence qu’onavoit eue de confier le royaume L leprince à un tel homme, & on prit des me-sures pour réprimer son ambition ; maiselles furent inutiles : Sanehe leva destroupes,fit plusieurs tentatives pour s’cm-parer de ia couronne, ne réussit pas ; maiscausa tant de mal, menaça 1 ctat d’uu telbouleversement que les états assembléscrurent ne pouvoir mieux fane que d a-cheter de lui, la paix à prix d’argent :il fe .fit accorder des revenus considéra-bles , & à cette condition , il consentit àrendre hommage à sou petit-neveu. Cetorage calmé ne rendit pas encore la tran-quillité an royaume, dévasté dans ton tesles parties par la Isocnce des seigneurs ,armés les uns contre ies autres, quandils ne fêtaient pas pour opprimer leursvassaux (Z usurper leurs possessions. Cesviolences n’étoient pas les seules qui dé-chirassent l’Aragon, encore plus ravagépar les armes des rebelles qui, sous pré-texte du bien public , excitoìent îles sou-lávemens, opprímoient les citoyens &bravoient audacieuse meut l’autorité roya-le. Jayme, quciqu’il n’eût que douzeans, fut ii sensible à cet excès d’iufolence,qu’il so mit, quelques efforts que l’on fîtpour l’en détourner , à la tête de ses trou-pes , marcha contre ies révoltés, les ré-duisit; obligea les soigneurs n terminerleurs querelles , leur défendit les voiesde fait , s’empara des places sortes desplus obstinés, L fit fessai le plus heu-reux de Ion autorité. Encouragé par lesavantages qu’il avoit remportés, il crutque Ic moyen le plus sûr d'affermir fapuissance étoit de s’afnnerde l’appni duplus formidable des souverains d’Elpa-gne , & dans cette vue , il si: demandereu mariage l’iniaute dona Elconorc,sœur de dona Berengere , reine de Cas-tille ; sa demande fut accueillie : le ma-riage fut célébré, & le roi n’ayant alorsq tic treize années , resta un an lans avoircommerce avec fa jeune épouse, parcequ’il n’étoit point encore en âgé : si ce-pendant il n’tá-íoit point assez âgé pour seconduire en époux , il f étoit assez pourgouverner ; mais avant il lui restoit quel-ques obstacles à applanir, &iln’euìm-p o soi t pas assez pour se faire obéir detous les grands: Le plus turbulent d’en-tr’eux étoit l'infaut don Ferdinand, abbé