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Tome dix-huitieme. I - JOM.
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Castille envoya, dans le même-tentps, des 'ambassadeurs au roi de Portugal, Ferdi-nand, le plus inconstant des hommes , leplus inconséquent des rois. Jean lui fitoffrir la pais' , & d)e fut acceptée à descomliíions ridicules , & que l’amoiir deìï concorde fit approuver par les états desdeux royaumes. yVoy. Ferdinand, roide Portugal.) Mais quelques précautionsque le roi de Castille eût prises, Pinçonstance de Ferdinand rompit toutes ses me-sures ; & Jean apprit avec chagrin , maisfans étonnement, que peu de jours aprèsles conclusions de la paix , le roi de Por-tugal avoit négocié un traité avec Richard II, roi d'Angleterre, & avec leduc de Lancaftre . qui formoit depuis ■long-temps des prétentions fur la couron-ne rie Caíìilie , & qui venoit d’étre invitéà se rendre à Lisbonne avec uae flotte as-sez formidable pour faire valoir ses pré-tentions. Jean I ne perdit peint le tempsI demander raison à Ferriínand\de samauvaise foi : il mit ses troupes en étatde marcher, fit les pins grands prépara-tifs , & fit fortifier toutes les places fron-tières menacées de l'invafion des Portu-gais. Pendant qn’il le disposoít ainsi àrepousser d es agresseurs injustes, il futInformé que l’infant don Alphonse sonfrere , entretenoit une correspondancesécrété & criminelle avec le roi de Portu-gal j r! voulut s’assurer dc sa personne?mais prévenu à temps, Alphonse s’éva-tk', s’enfuít dans les Alturies, & s’en-ferma dans Gijon. Le roi l’y suivit, &alioit l’aflìéger , quand Alphonse prit lesage parti de venir implorer la clémence ,& désavouer les faits qu'on lui impu-tait. Jean voulut bien se contenter de cedésaveu , lui rendit son amitié j & tour-nant toutes les forces contre Ferdinand,résolut de l'attaquer par trier & par terre.Le roi de Portugal, enivré de l’espéran-ce de conquérir la Castille, envoya unepuissante flotte insulter le port de Sé-Ville. L’attaque ne fut point heureuse:cette flotte Fut battue, dispersée, & sonamiral, don Juan Alphonse, frere de lareine de Portugal , fut fait prisonnier.Encouragé par ce succès, Jeun I allaformer le lìege d’Almeida , dont il se ren-dit maître. Mais pendant que par cestriomphes il f'c dispnsoit à de pins éclatan-tes victoires, la flotte anglaise arrivoitdevant Lisbonnej en forte que ces deux

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puissans alliés 'réunis , paroîssoient de-voir inévitablement i’emporter fur lesCastillans ; mais bientôt la mésintelli-gence divisa les Anglois & les Portugais.Jean instruit de ce défaut de concorde,forme ! e projet d’tine expédition hardie ,& dont le succès terminerait cette guerreà fnn avantage. 11 résolut d’aller bloquéele post de Lisbonne, & d’interceptertous les nouveaux renforts que les An-glois pouvoient envoyer âux Portugais.11 le préparoit à cette expédition , lorf-qu’il apprit qnc l’infant don Alphonseabusant de ses bontés, venoit de passerà Braganceavec quelques seigneurs , su-jets aussi infidèles que lui. Cette trahisonne dérangea rièn à ses opérations, il blo-qua Lisbonne : & cette ville fut fi fortmenacée , que Ferdinand alarmé en sor-tit avec toute sa conr. Après avoir réuííìau gré de son attente dans cette expédi-tion . Jean s’en retournant en Castille,fit ordonner à don Alphonse & à fes par-tisans , de rentrer incessamment dans ledevoir, fous peine d’ètre déclarés traî-tres à ì’état & rie perdre leur honneur &leurs biens. Ils obéirent tons, & Jeaneut encoreTindulgence de pardonner àson frere. Cependant les deux rois fspréparoient avec ardeur à - poursuivrela guerre, & bientôt ils marchèrent 1 uncontre l’autre , étant suivis d’une arméeformidable. Celle de Castille étoit néantmoins infiniment supérieure, soitparlenombre, soit par )a valeur des troupesaguerries &aécoutuisiées à vaincre. Bien-tôt elles se rencontrèrent, & une bataillésanglante alloit décider la querelle lors*que les généraux de Ferdinand lui Faisantsentir les dangers d’nne défaite, & lesfâcheuses suites qu’elle auroit, il en-*voya des plénipotentiaires au camp dnroi de Castille? & pour obtenir la paix ,sacrifia fes alliés & les intérêts du duc deLancaftre, pour lequel il avoit pris lesarmes avec tant ri’imprudence. Le traitéqui fut conclu à cette occasion, fit au-tant d’honneur à la sagesse & anx lumiè-res dn roi de Castille, que les succès liliavoient acquis de célébrité. II fe félici-tait d'avoir auflî avantageusement termi-né cette guerre , lorsqu’uii événementmalheureux & inattendu changea sa joieen amere douleur. La mort lili enleva lareine, dona Léonore son épouse, quimourut d’une fausse-couche, & fut géné-