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Tome dix-huitieme. I - JOM.
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hardie ; de l’attention , qu '.elle efl pro-fonde ; celui qui emploie ces images n’engarantis pas la justesse, & si on lui de-mande pourquoi il attribue la solidité àce qu’il appelle un souffle (spiritus ,)la hardiesse à faction de penser {pensa-,■c,')la profondeur à la direction d u mouve-ment (tendere ad,) car tel est le sensprimitif d’esprit, rie pensée & d’atten-tion , il n’a qn’un mot à répondre: celatst reçu; je parle ma langue.

Mais s’il emploie-de nouvelles ima-ges , on a droit d'exiger de lui qu’ellessoient justes , clairessensibles , & d’ac-cord avec eiles-mêmes. C’tst à quoi lesécrivains, même les plus élégans, ontmanqué pins d’une foi?.

Je viens de lire dans Brumoi, que lacomédie grecque, dans son troisième âge,cejfa f être une Mégere , íst devint . . .quoi"? un miroir. Quelle analogie y a-t- il entre un miroir & une Megere ?

II y a des images, qui, fans être pré-cisément fausses, n’ont pas cette véritésensible qui doit nous saisir a u premiercoup - d’ceil. Vous représentez vous unjour vaste par le silence, dies perjìlen-tium vaftusì II est vrai que le jour desfunérailles de Germanicus, Rome dutêtre changée en une vaste solitude, parle silence qui régnoit dans les murs;mais après avoir développé la penséede Tacite , on ne saisit point encore sonimage.

La Fontaine semble savoir prise deTacite :

Craignez le fond des hois íst leur vastesilence.

Mais ici l 'image est claire & juste :on se transporte au milieu d’une solitu-de immense , où le silence régné au loin ;& silence, vaste qui paroit hardi , estbeaucoup plus sensible que fiience pro-fond quiest devenu fi famillier.

Lucain avoit dit avant la Fontaine:

Cítsar sollicita per vuflastlentia grejsu ,

Vixfiimulìs ; audenda parat.

. Traduisez ; tihi rident œquora pontide Lucrèce: la mer prend une face rian-ce, est une façon de parler ttès-ciaireen elle-méme, & cependant ne peintrien. La mer est paisible , mais elle nerirpoint; & dans aucune langue ridentne peut se traduire , à moins qu’on nechange Vimage. .

Jjístinguops cependant une image. cou-..

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fuse d’une image vague. Celle -ci peutêtre claire quoiqu’iiidéfinie : l’ étendue,l’ élévation; la profondeur sont des ter-'mes vagues; mais clairs: il faut mêmebien se garder.de déterminer certainesexpressions dont le vague fait tonte laforce. Omniii pontus erat, tout »’étoitqts'un Océan, dit Ovide en parlant rìudéluge : tout étoit Dieu , excepté Dieu .même ; dit Bossuet en parlant des siéclesd’idolâtrie; je ne vois le tout de rien,dit Montagne; & Lucrèce, pour expri-mer la grandeur du système d'Epicure :

. . ■ . Extra

l’rocejstt longe flammantia mieniamttndi ,

Atque omtte immensum peragravitmente nniinoqite.

Du monde il a franchi la barrièreenflammée,

Et son atnea A'un vol parcouru Vin-fini.

N’oublions pas cet effrayant tableauque fait le pere la Rue du pécheur a prèsía mort : environné de Véternité , estn'ayant que son péché entre son Dieu estlui. N’oublions pas non plus cette ré-ponse d’un moine de la Trape , à quil’on demandoit ce qu’il avoit fait là de-puis quarante ans qu’il y étoit, cogitavidies antiques, ost unnos leiernos ìn men-te habui. C’est le vague & l’immensitéde ces images qui en fait la force & lasublimité.

Pour s’assurer de la justesse & de laclarté d’une image en elle-mêias, il fautse demander en écrivant, que fais - jede mon idée ? Une colonne, un fleuve ,une plante ? Vimage ne doit rien pré-senter qui ne convienne à la plante, àla colonne , au fleuve , &c. La régléest simple , sure & facile ; rien n’cstpluscommun cependant que de la voir né-giiger, & fur-tont par les commenqansqui n’ont pas fait de leur langue uneétude philosophique.

. L’analogie de Vimage avec l’idée exigeencore plus d’attentiun que de la jus-tesse de Vimage en elle-même , com-me étant plus difficile à saisir. Nousavons dit que toute image suppose uneressemblance , ainsi que toute comprrai-ton développe les rapports , l’j»»age nefait que les indiquer : il faut donc queVimage soit au moins aussi juste qne lacomparaison peut l’étre. Vimage qui ne

s’applique