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Tome dix-huitieme. I - JOM.
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de demeure, le chef des sauvages ré- 'pond : “ Cette terre nous a nourris, l’on :veut que nous l’abandonnions ! Qn’un ìafasse creuitr, on trouvera dans ion seinles olTetnens de nos peres. Faut ii doueque les,oilérr.ens de nos peres l'e leventpour nous suivre dans une terre étran-gere ? „ Virgile a dit de ceux qui se don-nent la mort,

Luc inique perojî frojecere animas.

Ils ont fui lu lumière if rejetté leurame.

Les sauvages disent en se dévouant à laguerre je jette mon corps loin de moi,

On a long - temps attribué les figuresdu style oriental au climat ; mais on atrouvé des images autïï hardies dans lespoésies des Islandois , dans celles desanciens Ecossais, & dans les haranguesdes sauvages du Canada , que dans lesécrits des Persans & des Arabes. Moinsles peuples font civilises, plus leur lan-gage est fiante, sensible. C’eft à me-sure qu’ils s’éloignent de k nature, &non pas à mesure qu’ils s’éloignent dusoleil, que leurs idées le dépouillentde cette écorce, dont elles étoient re-vêtues , comme pour tomber fous lessens.

II y a des phénomènes dans la nature ,des opérations dans les arts qui , quoi-que présent à tous les hommes , nefrappent vivement que les yeux des phi-losophes ou des artistes. Cet images d’a-fcord réservées au langage des arts & dessciences, ne doivent passer dans le styleoratoire ou poétique qu’à mesure que lalnmiere des sciences & des arts le ré-pand dans la société. Le ressort de lamontre , la boussole , le télescope, leprisme, &c. fournissent aujourd’hui aulangage familier des images aussi natu-relles; aussi peu recherchées (sue cellesdu miroir L de la balance. Mais il nefaut hasarder ces translations nouvellesqu’avec la certitude que les deux termesfont bien connus, & que le rapport en estjuste & sensible.

Le poète lui seul, comme poète , peutemployer les images de tous les temps ,de tous les lieux , de toutes les situa-tions de la vie. De là vient que les mor-ceaux épiques ou lyriques dans lesquelsle poète parle lui-méme en qualité d’hom-me inspiré, sont lys plus abonda,,s , les

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plus variés en images. I! a cependant hu-itième des ménagemens à garder.

1°. Les objets d’où il emprunte sesmétaphores doivent être préfens auxesprits cultivés.

a°. ssil adopte un système , comme il yest souvent obligé , celui, par exemple ,de la théologie, on celui de k mytholo-gie , celui d’Epiciue ou celui de New-ton , il se borne lui-méme dans le choixdes images , & «'interdit tout ce qui

n’eft pas analogue au système qu’il asuivi.

Quoique le drame ait voulu figurer parl’Hclicon, par Utanie & par le chœurdes muses, ce n’est pas dans un sujetcomme celui du purgatoire qu’il est dé-cent de les invoquer.

3 °. Les images que l'on emploie doi-ven* être du ton généra! de la choie,élevées dans le noble , simples dans lefamilier, sublimes dans l’enthousiafine,& toujours plus vives , plus frappantesque k peinture de l’objet même , fansquoi l’imaginstion écarteroit ce voileinutile ; c’est ce qui arrive souvent à lalecture des poèmes dent le style est tropfiguré.

4°. Si le poète adopte un personnage ,un caractère , son langage est assujettiaux mêmes convenances que le style dra-matique , il ne doit se servir alors pourpeindre ses sentiinens & ses idées, quedes images qui sont présentes au person-nage qu’il a pris.

5°. Les images sont d’sutant plus frap-pantes que tes objets en sont plus fami-liers : & comme on écrit sur-tont pourson pays, le style poétique doit avoirnaturellement une couleur octale. Cetteréflexion a fait dire à un homme degoût , qn’il suroît à souhaiter pour lapoésie franqoise que Paris fût un portde mer.Cependant il y a des images trans-plantées que t’habitude rend naturelles :par exemple, on a remarqué que chez lespeuples protellans qui lisent les livressaints en langue vulgaire , 1 a poésie apris le style oriental, C’est de toutes cesrelations observées avec soin que résultesart d’employer les images & de les pla-cer à propos.

Mais une réglé plus délicate & plusdifficile à prescrire , c’est l’économie& la sobriété dans k distribution desitnages. Si l’objet de l’idée est de ceux