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íion les mouvemens varies St rapides ,pour devenir soi-même dans la variété dela nature , Mérope , Hermione , Príam ,& tour-à-tour chacun des personnagespue l’on feít parler & agir. Ce que Pla-ton appelle manie suppose donc beaucoupde sagesse, & je doute que Locke & Pas-cal Fussent plus philosophes que Racine& Molière. Castelvetro définit la poésiepathétique : Troimmento e ejsercitamentodélia personx ingeniasa e non délia furiofa.
Non, fans doute ^'enthousiasme n’estpas une fureur vague & aveugle, maisc’est la passion du moment, dans sa vé-rité, sa chaleur naturelle : c’est la ven-geance 6 l'on Fait parler Atrée ; l’amour,íi l’on Fait parler Ariane ; la douleur & .l’indignation , ii l’on fait parler Philoc-tete. II arrive Fouvpnt que Y imaginationd u poëte est frappée , & que son cœurn’eft pas ému. Alors il peint vivementtous les signes delapastion, mais íln’ena point le langage. Le Tasse , après 1amort de Clorinde , avoit Tàncrede de-vant les yeux , aliffi l’a-t-il peint commed’après nature.
‘ Pallido,freddo, muta, e quasi priva
Pi movimentOf almirmo gli ochi ajfijjl ,
Ai fin spargania un lacrimoso rivo ,
In un langui lo obime proruppe.
Mais, pour le Fairé parler, ce n’étoit pasassez de le voir, il faltoit être un autrelùi-même ; & c’est pour n’avoir pas étédans cette pleine illusion , qu’il lui a faittenir un langage peu naturel.
L’homtne du monde qui peut mietixparler de l'enthousiasme , nous dit quel’entboufiasme raisonnable est le partagedes grands poètes, Mais comment! en-thousiasme peut-il être gouverné par leraisonnement? Voici Fa répons? : “Unpoëte destine d’abord l’ordonnance de sontableau , la raison alors tient !c crayon.Mais veut il animer ses personnages &leur donner le caractère des paissons,alors Vimagination s'échauffe, î’entbou-siasme agit, c'est un coursier qui s’dm-porte dans fa carrière ; mais fa carrière-est régulièrement tracée. II le compareau grand Coudé “ qui méditait avec sa-gesse, &combattoit avec fureur.,, (âATarmontel.
Imagination des femmes enceintesfur le fœtus , pouvoir de l'. Quoique leFœtus ne tienne pas immédiatement à lamatrice ; qu’il n'y soit attaché que par
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de petits mammelons extérieurs à sesenveloppes ; qu’il n’y ait aucune com-munication du cerveau de la rnere avecle sien : on a prétendu que tout cc quiaffectoitla mere, affectoit aussi le fœtus;que les impressions de l'uiie portoientleurs effets fur Ic cerveau de l’alitre ; &on a attribué à cette influence les res-semblances, ies monstruosités, soit parretranehemens,ou par conformation con-tre nature , que l’on observe souventdans différentes parties du corps des en-Fans nouveaux-nés ; & Fur-tout par lestaches qu’on voit fur leur peau , tons leseffets, qui s’ils dépendent de Vimaginu~tiott , doivent bien plus raisonnablementêtre attribués à celle des personnes quicroient Ies appercevoir, qn’à celle de lamere, qui n’a réellement, ni n’est sus-ceptible d’avoir aucun pouvoir de cetteespece.
On a cependant poussé , sur ce sujet,le merveilleux aussi loin qu'il pouvoitaller. Non-seulement on a voulu que lefœtus put porter tes représentations réel-les des appétits de fa mere , mais on aencore prétendu , qae par une sympathiesingulière , les taches, les excroissances,auxquelles on trouve quelque ressem-blance, avec des fruits, par exemple desFraises , des cerises, des mûres, que lamere peut avoir désiré de manger, chan-gent de couleur, que leur couleur de-vient plus foncée dans la saison où lesFruits entrent en maturité, & que !e vo-lume de ces représentations paroît croî-tre avec eux : mais avec un peu plus inat-tention , & moins de prévention, l’on'poutroit voir cette couleur, ou lc volumedes excroissances de la peau , changerbien plus souvent. Ces changetnens doi-vent arriver toutes les fois que le mou-vement du sang est.accéléré : & cet effetest tout simple. Dans le temps où la cha-leur fait mûrir ies fruits , 'ces élévationscutanées sont toujours -ou rouges, ou pâ-les, ou livides , parce que lc sang donneces différentes teintes à la peau , selonqu’il pénétré dans Fes vaisseaux, enplus ou moins grande quantité, L que.ces mêmes vaisseaux font plus ou moinscondensés, ou relâchés, qu’ils Font plusou moins grands & nombreux ; selon lsdifférente température de l’air,qui af-fecte ls surface du corps , & que le tissude la peau qui recouvre la tache ou l’ex-