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Tome dix-huitieme. I - JOM.
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jnes, à se haïr eux-mêmes, à éviter lemal, à Faire le bien , & à chanter deshymnes.

Ils Faisaient peu de cas des sciences &de la philosophie naturelle. Iarcha ré-pondit à Apollonius , qui l’interrogeoitfur le monde , qu’il étoit composé decinq élémens , de terre, d’eau , de feu,d’air & d’éther. Que les dieux en étoientémanés ; que les êtres composés'd’airétoient mortels & périssables, & que lesêtres composés d’éther étoient immortels& divins; que les élémens avoient tousexistes en même temps; que le mondeétoit un grand animal engendrant le restedes animaux ; qu’il étoit de nature mâle& femelle , &c.

Quant à leur philosophie morale, touty étoit grand & élevé. II n’y avait, seloneux, qu’un seul bien, c’est la sagesse.Pour faire le bien, il étoit inutile quela loi l’ordonnât. La mort & la vie étoientégalement méprisables. Cette vie n’étoitque le commencement de notre existen-ce. Tout ce qui arrive à l’homme n’estni bon ni mauvais. II étoit vil de sup-porter la maladie , dont on pouvait seguérir en un moment. II ne falloit paspasser un jour fans avoir fait quelquebonne action. La vanité étoit la dernie-re chose que le sage déposait, povrr seprésenter devant Dieu, L’homme par-tait en lui-méme une multitude d’enne-mis. C’est par la défaite de ces ennemisqu’on le préparait un accès favorable au-près de Dieu.

Quelle différence entre cette philoso-phie & celle qu’on professe aujourd’huidans les Indes ! Elles font infectées de ladoctrine deXekia, j’entends de fa doc-trine ésotérique ; car les principes de l’é-fotériqne font assez conformes à !a droiteraison. Dans celle-ci, il admet la distinc-tion du bien & du mal ; t’immortaiité del’ame ; les peines à venir ; des dieux ; undieu suprême qu’ii appelle Amúia , fisc.Quanta sa doctrine ésotérique, c’est uneefpece de Spinosisme assez mal entendu.Le vuide est le principe & la fin de tou-tes choses. La cause universelle n’a nivertu ni entendement. Le repos est l’étatparfait. C’est an repos que le philosophedoit tendre, Le. V oyez les articles PHI-LOSOPHIE c» générais EGYPTIENS ,

Chinois, Jafonnois, &c.

? INDIFFERENCE, f. f, Grm* fis

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Philosophie morale, état tranquille danslequel l’ame placée vis-à-vis d’un objet,ne le désiré, ni ne s’en éloigne , L n’estpas plus affectée par fa jouissance qu’ellene le serait par fa privation.

L'indifférence ne produit pas toujoursl’inaction. Au défaut d’intérêt & de goût,on fuit des impressions étrangères, &l’on s’occupe de choses , au succès des-quelles on est de soi-même très - indiffé-rent.

L 'indifférence peut naître de trois sour-ces , la nature , la raison & la foi ; &l'on peut la diviser en indifférence na-turelle, indifférence philosophique , &indifférence religieuse.

Ùindifférence naturelle est l’e'ffet d’untempérament froid. Avec des organesgrossiers, un sang épais, une imagina-tion lourde, on ne veille pas; on som-meille au milieu des êtres de la nature ;on n’en reqoit que des impressions lan-guistantes ; on reste indifférent & stupi-de. Cependant Vinâifference philosophi-que n’a peut-être pas d’autre base quel'indifférence naturelle.

Si l’homme examine attentivement sanature & celle des objets ; s’il revientfur le passé, & qu’il n’efpere pas mieuxde l’avenir, il volt que le bonheur est unfantôme. II so refroidit dans la poursui-te de ses désirs; il se dit, nìl admiruriprose res est una , Numìcï , solaque, qutepajjìt facere fis servare beatmn i Numi-cius, il n’y a de vrai bien que le reposde l'indifférence ,

L’ indiffère-,tee philosophique a trois ob-jets principaux, la gloire, la fortune &la vie. Que celui qui prétend à cetteïn-différence s’examíne , & qu’il se juge.Craint-il d’être ignoré? d’être indigent?de mourir ? II se croit libre, niais il estesclave. Les grands fantômes le séduisentencore.

L’indifférence philosophique ue différéde s indifférence religieuse que par le mo-tif, Le philosophe est indifférent sur lesobjets de la vie , parce qu’il les méprise ;l’homme religieux parce qu’il attend deson petit sacrifice une récompense infi-nie.

Si Vindifférence naturelle , réfléchie,cu religieuse est excessive, elle relâcheles liens les plus sacrés. On n’est plus nîpere attentif, ni mere tendre, ni ami,ni amant, ni épous. On est indiffèrent