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Tome dix-huitieme. I - JOM.
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59§ I N D

De Veau, L’eau (c) étant essentiellepour les opérations d’índigoteries ,• lors-que l'on n’est pas à portée de les établiraux environs de quelque nnss au , ontâche de se procurer de l’eau parle moyend’une pente ou de plusieurs. Dans ce cas,le tirage de l’eau est un ouvrage péniblepour les Negres des habitans qui ne lontpas en état de se pourvoir d’nne machineen bois qui fait à peti-prèsle même effetque celle d u puits de Bícétre, par le tra-vail d’un vieux mulet, ou même d’ttnâne.

Des indigoteries. Après s’êfre assuré del’eau, on construit les indigoteries lepins à portée qu’il est possible ; elles con-sistent en quatie vaisseaux de maçonneriebien enduits de ciment, plus élevés lesuns que les autres , & disposés en étage.

DuboJJtn. Le plus élevé, qui se nom-me le bajjìn, est un réservoir fait pourrecevoir l’eau du ruisseau que l’on a su yconduire par un canal, ou celle que l’ontire des puits, & pour la distribuer enfuite à tous les vaisseaux. Ce réservoirdoit contenir autant d’eau qu’il en fantpour remplir toutes les pourritures (d)qui en dépendent , & même quelquechose de plus. La sonne de ce bassin estassez arbitraire. Quand on n’tst pas gênépar la nature du terrain , on lui donneordinairement peu de profondeur & delargeur ; lauf à l’alonger à la demande dela face des pourritures.

Des pourritures. Celles-ci varient pourleurs proportions, selon les idées des ha-bitans indigotiers. Les uns les veulentgrandes , d’autres préfèrent les petites.Les [ilus granites, font de douze pieds enquarté fur trois pieds de profondeur ; lesplus petites de huit en quarté fur un pied& demi à deux pieds de profondeur jmais les plus ordinaires ont dix pieds enquarré fur deux pieds, ouvingt-fix pou-ces de profondeur au deiîòus du bassin ,& deux pieds quatre ou iix pouces aux

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robinets, parce qu'il faut an-m oins qua-tre ponces de pente pour la prompt: sor-tie de seau d une cuve de dix pieds.

Du barrage des cuves. Aux deux cô-tés de chaque pourriture, l’-m plante degros poteaux de bois dur de quatre à cinqpieds en terre , & bien foulée , lesquelsdépassent le bord de la cuve d’un pied ouplus, & dans cet excèdent font emnior-toifés des travers de Ex pouces d’équar-rissage. Ces travers se ive u t à contenir lebarrage que l’on sait fur chaque cuve,iorsqu’dle est plein e d'indigo , pour em-pêcher l’ean de soulever l’herbe; ee quine manqneroit pas d’arriver, à propor-tion de la chaleur de la fermentation quifait raréfier l’eau de la cuve.

II y a deux fortes de barrage, l’ancien& celui que l’on appelle aujourd’hui lebarrage à Vanglaife. Ctlni-ci est ìe pinscommode: au lieu de quatre poteaux quel’on nomme clefs , deux de chaque côtéde la pourriture, qui font fort incommo-des parce qu’ils tiennent I: travers auras d u bord de la cuve , l’on n’en metplus qu’iin , un peu plus gros de chaquecôté au milieu ; mais on le fait fui passerle bord de la maçonnerie de quatre piedsL plus, st l’on veut. Ces deux clefs por-tent une traverse de iix pouces d’équar-r Usage , qui, par son élévation de sixpieds au-dessus du fond de la pourrituie ,ne cause aucun embarras â ceux qui yarrangent l’fierbe (c). Dans cette tra-verse , on pratique à deux pieds & de-mi en dedans du bord de la pourriture,un pas de chaque côté & autant à í’awtrebord; ce qui fait quatre pas tels que lescharpentiers en creusent fur les sablie*res pour y poser les chevrons. Lorsquei’herbe est bien arrangée dans la cuve &dressée à-peu près de niveau, le Negreindigotier étend dessus parallèlement àk traverse dix-huit à vingt lattes de troispouces de largeur. II pôle ensuite trans-versalement fur les lattes, Sc perpendi-

(c) II est inutile de dire l’eau claire comme dans l'art. Indigo j car il le fabri-que très-bien avec de l’eau trouble : il suffit qu’elle ne soit pas corrompue.

(iO C’est ainsi que l’on appelle à Saint Domingue la cuve où l’on fait macérerVindigo , .& non la trempoire. On n’en fait ordinairement que quatre pourunlx-f.sin. Si l’on a besoin d’un plus grand nombre de pourritures, l’on construit d au-tres indigotteries.

(e) En parlant de la plante indigo, on dit Vherbe : j’ai de belle.herbe ; mon herbeest courte. Lorfqn’elie n’a pas été coupée, on rappelle de la grande herbe , en-suite durejetton.