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croît dans les Indes orientales & occiden-tales , duquel on tire une préparation sorles lieux , fous le nom tl 'inde ou A'indigo,
& que l’on envoie en Europe.
L 'anil ou indigotier demande une bon-ne terre, grasse, unie , qui nc Toit pointtrop í’echc ; il veut être planté seul, man-geant & dégraifiant beaucoup (*) Te ter-rein où on le cultive; aussi ne peut-onprendre trop de précautions pour a: ra-dier les herbes qui croissent autour , lorl-qu’il commence à pouffer , & jutqu’à cequ’il soit en parfaite maturité.
On farcie & on nettoie plusieurs fois leterre,n où l’on veut planter la graine
(*) I 1 ’. Ce n’eft point parce que l ’indigo mange & dégraisse beaucoup la terte quel’on a foin de If í>,cn larcler, c'est pour que les herbes étrangères ne ('étouffent point;cariìya piuíienrs de ces herbes qui s’éìeveroient su-dessus , & le couvriroient : c’tstauss; pour que la nourriture qu’i! requit de la terre ne soit point trop partagée , auquelcas ii rendroit beaucoup moins. II est pourtant vrai que lice n’estpas directement laplante qui use la terre . du moins la façon de la culture l’altere considérablement :cela vient du ce que le champ où on le cultive étant souvent sarclé , & la plante cou-pée près de terre , le fol reste trop à découvert, & que la superficie exposée une gran-de partie de Tannée à un soleil très-ardent se nuttant en poussiers, les forts grainsde pluie que nous nommons avaltijscsi & qui font fréquens fous la zone-torríde ,eninoitent peu-à-peu toute la terre franche ou le limon , & ne hissent, après quel.ques années de culture, que le tuf ou la terre aride. Or, !a plupart des terres deSaint-Domingue ont très peu de profond.ur en teire-franche.
ï". Les trous où l’on feme la graine A'indigo ne sont point éloignés en tout sens d’unpied, L tirés au cordeau. A Saint Domiugue on ne laisse guere que q S 6 poncesentre les trous ; & Ton n’oblige point les negres qui les fouillent, de les tirer endroite ligne : ou y perdroit son temps.
C’est encore bien gratuitement qu’i! est dit dans Varticle Indigoxiee , que parsuperstition Ton met onze ou treize graines dans chaque trou. L’on a vraiment bienautre chose de plus important à s’oecuper, qu’à faire compter par yo à 60 nègressemeurs, des graines aussi petites que celles d 'indigo. On ne planteroit pas dsns tir.esemaine, en faisant cet r e opération , ce que Ton plante en un jour. Oeque Ton re-commande souvent aux negres semeurs, est de ménager la grauie, parce quêtantfore petite, ils en mettent pour l’ordinaire plus qu’il n’en faut. On dit véritable-ment planter tm jardin eu indigo , pour lignifier les deux opérations de faire les trous& y mettre la graine. Mais lorsque les trous iónt fouillés, on se iert du terme desemer.
3°. Le travail le plus pénible de la culture de Yìndìgo r,'est point de semer la grainedans les trous. Les negres font véritablement obligés d’étre courbés peur le faire;mais pour sarcler & couper, ils le sont également; par conléquent, presque toutle travail d’une habitation A'indigo so Fait étant courbé ; L les negres se font à cetteposture. -Le plus pénible travail est de dessouelier, de couper & de porter les paquetsd’herbe aux indigoterics. En dessoudant, les negres manient la boue fortementtoute la journée; & en coupant, il faut, étant courbé, .faire agir la faucille , quenous nommons couteau « indigo. Toutes ces opérations font plus pénibles que cellede semer. Ce iTsst point suffi avec ìes pieds que les negres couvrent la graine, maisavec des balais laits de plusieurs petitts branches d’arbres , garnies de leurs feuilles,qu'ils passent légèrement fur lc terrein semé, a fin de ne pas mettre trop de terre furla graine. Car au lieu d’eu mettre deux pouces d’épais, comme on ie dit au mèqra«adroit, on n’eu fourbit mettre trop peu. {M. Greffier.')
A'anil. II me semble qu'on devroit diresemer , mais le terme dc flanter est con.sacre dans les isles. On pouffe quelque-fois la propreté si loin, qu’on balaie leterrein comme on balayerait nue cham-bre. Après cela on fait les trous où Tuadoit mettre les graines: pour cet esset,les esclaves ou autres qui doivent y tra-vailler, se rangent sur une même ligne àh tête du terrein , & marchant à recu-lons , ils font de petites fosses de la lar-geur de leur houe, dc la. profondeur dedeux à trois pouces; éloignées entonssens les unes des autres d’envirpn un pié,& eu ligne droite !e plus qu’i! est possible.