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Tome dix-huitieme. I - JOM.
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pour payer îçco hommes à pié. Cettedépense n'est pas le seul inconvénient quirésulte d’une trop grande quantité de ca-valerie. Elle ne peut se maintenir long-temps dans tin camp qu’il conviendroitquelquefois de conserver , à cause de ladisette & de la difficulté des fourrages 5d’aílleurs l’armée ne peut s’éloigner desrivières, on en a besoin pour les che-vaux; & quand on défend un camp re-tranché, il peut résulter de grands in-oonvéniens «savoir trop de cavalerie &peu Aì infanterie. II faut donc qu’il y aitune juste proportion entre Vinfanterie &la cavalerie. Ce qui peut servi r à l a dé-terminer, c’est l’examen des différentesactions propres à chacun de ces corps, lessecours mutuels qu’ils doivent se procu-rer, la nature du pays où l’on doit fairela guerre, & l’espece d’cnnemis que l’ona à combattre.

Chez les Grecs, qu’on peut regardercomme les premiers inventeurs de lascience militaire, la cavalerie, suivant lestacticiens, étoit la sixième partie de t in-fanterie t c’est-à-dire qu’elle étoit à ïin-fanterie comme 1 est à 6. La phalangeétoit composée de 16384 hommes pesam-ment armés , & de 819a hommes de

troupes légeres. Ces deux nombres fontensemble 14576 hommes. La cavalerieétoit de 4069 hommes ; ce qui fait voirqu’eile étoit la sixième partie du nombreprécédent, & par conséquent la septiemepartie de celui de l’armée. Chez les Ro-mains le rapport de {infanterie à !a cava-lerie étoit beaucoup plus petit, il étoità-peu-prés comme lest à 20, ou comme3 est à ço. Ce rapport n’étoit pas fusil-lant; aulsi les Romains se trouverent-ilssouvent dans des circonstances fâcheusespour l’avoir adopté.

Quoique le rapport de la cavalerie â{infanterie fût établi de 1 à 6 par lestacticiens grecs , les généraux ne s’ybornoient pas toujours ; ils levarioientsuivant les occasions. “Dans farinée queles officiers grecs formèrent pont le ser-vice du roi d Egypte, il n’y a volt pasplus de çooo hommes de cavalerie pour70000 hommes d 'infanterie. Le dernierPhilippe fit la guerre an proconsul Fla-mininus avec iooo cavaliers joints à laphalange ; la Thessalie , dont on fit lethéâtre de la guerre , étoit un paysmontagneux , où une cavalerie plus

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nombreuse suroît été inutile. On remar-que mieux cette proportion dans l’arméed’AIexandre le grand; il marcha en Asieavec 30000 hommes d’ infanterie & 5000de cavalerie. Note de M. Guischardtsur lu Tactique iVArrien.

Les Romains qui dans les temps bril-lans de la république, a voient peu decavalerie & beaucoup A'infanterie , n’eu-rent presque plus qu e de la cavalerie quanckils furent dans leur décadence, ce quifournit cette réflexion à M. le présidentde Montesquieu : “que plus une nationse rend savante dans fart militaire , pluselle agit par fou infanterie , & que moinselle le connoît, plus elle multiplie 1scavalerie. C’est que, ajoute cet illustre au-teur, fans la discipline , {infanterie pe-fante ou légere n’est rien, a u lieu que lacavalerie va toujours dans son désordremême. L’action de celle-ci consiste plusdans son impétuosité & un certain choc;celle de l’autrc dans fa résistance & unecertaine immobilité ; c’est plutôt uneréaction qu’une action. Enfin la forcede la cavalerie est momentanée ; {in-fanterie agit plus long-temps ; mais ilfaut de la discipline pour qu’elle puisseagir long-temps.” Grandeur de s Ro-mains &c. chap. xvìij..

C’est en effet la bonne discipline quipeut rendre à /’ infanterie son anciennesupériorité sur la cavalerie , & peut-êtrele renouvellement des piques. Les Grecsne négligeoient rien pour exercer leurinfanterie ; mais ils se souûioient sort peudu maniement de la pique; c’étoit lesévolutions qu'on ent’eignoit aux troupes,cotnme la chose la plus effentielle, dit unauteur que nous avons cité dans cet ar-ticle ; & M. le maréchal de Saxe est, dit-il, entré dans f esprit des anciens, quandil met le secret de f exercice dans les jam-bes L non dans les bras.

Le rapport de la cavalerie à. t infanterie,qui paroît être le plus communémentsuivi aujourd’hui dans les armées, estapeu-près celui d’i à 2, ou de s à 5 , ensorte que la cavalerie est environ le tiersou les deux septièmes de farinée. Cerapport s’accorde assez exactement aveccelui que M. le maréchal de Saxe éta-blit dans ses rêveries ou mémoires fur laguerre. Mais cet illustre général distin-gue la cavalerie en deux especes ; lavoir,en grosse cavalerie & en dragons. “ De