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des enfans dans les deux premîeres an-nées de leur vie; fi l’on y joint ceux quimeurent dans un âge plus avancé fansavoir eii ia petite vérole, on verra que lamoitié des hommes au moins meurt avantque d’en être attaquée. C’cst donc fur lamoitié survivante que fe doit lever le tri-but Fatal de la quatorzième partie dutout; ainíì de cent enfans qui naissent,environ quarante périssent, soit par lesav-'rtemcn;, soit par les maladies de l’en-fance dans les dtux premîeres annéesde leur vie, L la plupart avant que d'a-voir eu la petite vérole. Supposons quedix aut es meurent dans un ìge plus avan-cé fans ..voir payé ce tribut, il en resteracitant qui tous y seront sujets ,& furlesquels il faut prendre les sept, qui fontla quatorzième partie du nombre totalde cent: voilà donc sept morts sur cin-quante malades, conformément à notreévaluation. Si vous augmentez le nom-bre des exempts , & que vous le portiezfeulement à soixante, il n’en restera vuequarante des cent. pour acquitter le tributdes sept morts; ce qui ferait plus u’unmort fer six malades. Donc fi plus de lamoitié des hommes meurt sitns avoir en lapetite vérole, elle est mortelle à plusd’un malade fur sept; & si elle épargneun plus grand nombre de malades, il fautque plus de la moitié des hommes tôt outard ait cette maladie.
Lorsqu’un grand nombre d’auteurs,parmi lesquels on compte la plupart desmédecins arabes, ont écrit, les uns,que la petite vérole étoit une maladieuniverselle, les autres, que presquepersonne n’en étoit exempt ; lorsque desmédecins célébrés plus modernes, en-tr’aimes Riviere & Méad, celui-ci, aprèscinquante ans de pratique, ont prétenduqu’à peine nn seul sur mille l’évitoit, ilsn’iguoroient pas que beaucoup d’enfans& de jeunes gens meurent avant qne deRavoir eue: donc en soutenant qu’elleétoit presque universelle, ils n'ont puentendre -autre choie sinon qu’elle étoitpresque inévitable pour ceux qui ne sontpas enlevés par une mort prématurée; &c’estceque tes calculs précédens mettenten évidence. Si l’on objècte que quel-ques hommes parviennent à la vieillessefans avoir eu la petite vérole, on doitfe rappelles qu’ou a vu plus d une foisdes gens la contracter à l’âge de 80 aas,
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par conséquent il ne faut pas fe pres-ser de conclure qu’on est à l’abri de cefléau; il y a beaucoup d’apparencequetous les hommes y font sujets, commetous les chevaux à la gourme, qu'onn’échappe à la petite vérole que fauted’avoir assez vécu.
II est vrai qu’ìl résulte des observa-tions de M. Jnrin , qu’ily a quatre per-sonnes par cent fur lesquelles V inoculationparoît n’avoir pas de prise; mais fur cenombre on en a reconnu plusieurs quiportoient des marques de la maladie dontils'se croyoient exempts ; d’antres étoientsoupçonnés de lui avoir payé le tribut ;ajoutons que d’autres pouv oient Ravoireue fans éruption apparente, & de l’ef-pece de celles qtti, après les premier»symptômes, prennent leurs cours parles évacuations , & que Boerhaave ap-pelle morbus variolosusfine variolis ; pro-cédé de la nature dont on connoît quel-ques exemples, peut-être plus fréquensque l’on ne croit, & que l’art n’a pu en-core imiter avec fureté. Tout médecinqui n’aura pas vu un de ces exemples,peut dans des cas semblables fe mépren-dre à la nature de la maladie, & le ma-lade , à plus forte raison , ignorer qu’îla eu la petite vérole. Enfin, l’infertionpent ne pas produire toujours son effet,tantôt par la faute de Yinaculateut , tan-tôt par des raisons qui nous font incon-nues; accident qui seroit commun àYinoculution & à tous tes remedes les pluséprouvés. On volt donc qu’il est trè'.-pof-sible, L même très-vraifemblable que,conformément à la doctrine de plusieursgrands médecins, tous les hommes,presque sans exception, font sujets à lapetite vérole s’ils ne meurent pas pré-maturément , & que parmi le» gens d’uncertain âge qui passent pour n’avoir pasencore payé ce tribut, il y a des déductionsà faire qui tendent à en diminuer beau-coup le nombre.
Dans tous les calculs précédens nousavons toujours supposé que Y inoculationn’étoitpas exempte de péril, pour éviterde longues diseuflions, & il suffi foi t eneffet de prouver que le risque , s’il y ena, n’est pas si grand que Ceux auxquelson s’expble tons les jours volontairement& fans nécessité, souvent par pure cu-riosité, par passe temps, par fantaisie ,dans les exercices violens, tels que la