778 I .N Q_
ville est remplie, ils envoient noyer unmisérable polir quelques propos qui luiauront échappé contre le gouvernement.Venise se fertile ce terrible moyen pourmaintenir son aristocratie.
Cette magistrature est permanente ,parce qne les desseins ambitieux peuventêtre commencés, suivis, suspendus,repris ; e'ie est cachée , parce que lescrimes qu'elle est censée punir se for.ment dans le secret. Elle a une inquisi-tion générale, parce qu'elle doit con-noìtre de tout. C’est ainsi que la tyrannies’exerce sous le prétexte d’empêcher Pé-tât de perdre sa liberté ; mais elle estanéantie cette liberté par tout pays oùtrois hommes peuvent faire périr dans lesilence à leur volonté, les citoyens quileur déplaisent. ( D- j. )INQUISITION, s. f., Hist. eccUJîttjli.,jurifdiction ecclésiastique érigée par leliege de Rome en Italie, en Espagne, enPortugal, aux Indes même, pour extir-
Í ier les Juifs, les Maures, les infidèl-es , & les hérétiques.
Cette jurifdiction après avoir pris nais-sance vers l’an iîoo , fut adoptée par lecomte de Toulouse en 1229, & confiéeaux dominicains par le pape GrégoireIX, en 1235, Innocent IV étendit sonempire en isçi dans toute l’Italie, ex-cepté à Naples. L’Espagne s’y vit entiè-rement soumise en 1448, sous le régnéde Ferdinand & d’Isabelle. Le Portugall’adoptasûus Jean III l’an 1557, confor-mément au modele reçu par les Espa-gnols. Douze ans auparavant, en 1545 ,Panl III avoit formé la congrégation dece tribunal fous le nom dll saint-office ;& Sixte V confirma cette congrégationen 1585. Ainfi Y inquisition relevant tou-jours immédiatement de la cour de Ro-me, fut plantée malgré plusieurs con-tradictions dans un grand nombre d’étatsde la chrétienté.
Parcourons tous ces faits avec M. deVoltaire,- L dans un pins grand détail,mais qui certainement n’ennuiera per-sonne. Le tableau qu’il en a tracé estde main de maître, on ne sauroit tropen multiplier les copies.
Çe-Fut dans les guerres contre les Al-bigeois, que vers l’an 1200 le pape In-nocent III. érigea ce tribunal qui jugeles pensées des hommes ; & fans aucuneconsidération pour los évêques, arbitres
i n a
naturels dans les procès de doctrine , lacour de Rome en commit la décision à dasdominicains & à des cordeliers.
Ces premiers inquisiteurs avoient ledroit de citir tout hérétique, de l’excom-munier, d’accorder des indulgences àtout prince qui extermineroit les con-damnés , de réconcilier à l’église , de ta-xer les pénitens , & de recevoir d’euxen argent une caution de leur repentir.
La bizarrerie des événemens qui mettant de contradiction dans la politiquehumaine, fit que le plus violent ennemides papes fut le protecteur le plus leversde ce tribunal,
L’empercur Frédéric II, accusé par lepape, tantôt d’étre mahométan, tantôtd’éte athée, crut se laver du reprocheen prenant sous fa protection les inquisi-teurs ; il donna même quatre édits à Ra-vie en 1244 , par lesquels il mandoit auxjuges séculiers de livrer aux flammesceux que les inquisiteurs condamne-raient comme hérétiques obstinés , &de laisser dans une prison perpétuelleceux que l 'inquisition déclarerait repen-tans. Frédéric II , malgré cette politi-que , n’en fut pas moins persécute , &les papes se servirent depuis, contre lesdroits de l’empire., des armes qu’il leuravoit données.
En i2í5 le pape Alexandre III, éta-blit Yinquisition en France fous le roi 8.Louis, Le gardien des cordeliers de Pa-ris , & le provincial des dominicainsétaient les grands^inquisiteurs. Ils dé-voient par la bulle-d'Alexandre III, con-sulter les évêques ; mais ils n’en dépen-daient pas. Cette étrange jurifdictiondonnée à des hommes qui font vœu de re-noncer au inonde , indigna le clergé Kles laïques au point que bientôt le sou-lèvement de tous les esprits ne laissa àces moines qu’un titre inutile.
En Italie les papes avoient plus de cré-dit, parce que tout désobéis qu’ils étaientdans Rome, tout éloignés qu’ils en fu-rent long temps, ils étoient toujours àla tête de la faction des Guelphes, contrecelle des Gibelins. Ils fe servirent de cetteinquisition contre les partisans de l’em-pire ; car en 1302 Jean XXII fit procé-der par des moines inquisiteurs, contreMathieu Vifcomti, seigneur de Milan ,dont le crime étoit d’étfe allié à l’empe-tetif Louis de Bavière, Le dévouement