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Tome dix-huitieme. I - JOM.
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S4§ I N T

On appelle follement intimé celui quiest intimé sur un appel, quoique la sen-tence n’ait pas été rendue avec lui. Voy.ci-devaiet Intimation. ( A)

* INTIMIDER, v. act., tirant., c’eftémouvoir la crainte dans l'ame de quelqu’un. On intimide par Limage d’un dan-ger réel ou d’un danger simulé j par desmenaces sérieuses ou feintes. On intimi-de aisément dss âmes foibles. II n’estguere moins facile de jetter la frayeurdans ceux qufout ('imagination vive. 11svoient tout ce qit’on leur veut montrerL quelquefois au-delà. S’ils font. douésd’un grand jugement, l’imprelfion passe,leur ame se rassure , & ils n’en sont queplus fermes: en effet, quelle secousseplus violente peut-on leur donner quecelle qu’ils ont reçue! quels spectres àleur présenter plus effrayans que ceuxqu’ils se sont faits !

INTITULÉ, adj., Jurisprui. , signi-fie le titre & les qualités d'un acte : ondit l’ intitulé d'un inventaire , c’est-à-dire,les qualités des parties comparantes, &le préambule qui précede la descriptiondes effets. (A~)

INTOLERANCE, f.s., Morale. Lemot intolérance s’entend communémentde cette paffion féroce qui porte à haïr& à persécuter ceux qui font dans l’er-reur. Mais pour ne pas confondre deschoses fort diversc-s, il faut distinguerdeux sortes A’intolerance , l’ecclcfiaítique& la civile.

L’ intolérance ecclésiastique consiste àregarder comme fausse toute autre reli-gion que celle que l’on professe, & à ledémontrer sur les toits, fans être arrêtépar ancune terreur,par aucun respect hu-main, au hasard même de perdre la vie.II ne s’agira point dans cet article de ccthéroïsme qui a fait tant de martyrs danstous les siécles de régisse.

Vintolérance civile consiste à rompretout commerce & à poursuivre, par tou-tes fortes de moyens violons, ceux quiont une façon de penser sur Dieu & surson culte, autre que la nôtre.

Quelques lignes détachées de l'écritu-re-lainte, des peres, des conciles, suffi-ront pour montrer que YintoUrant pris ence dernier sens, est un méchant homme ,nu mauvais chrétien , un sujet dange-reux, un mauvais politique, & un mau-vais citoyen.

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Maií avant que d’entrer en matière,nous devons dire, à l’honneur de nosthéologiens catholiques , que nous enavons trouvé plusieurs qui ont souscrit,sans la moindre restriction , à ce quenous allons exposer d’après les autoritésles plus respectables.

Tertullien dit apoiog. ad scapul. Hu-mant jtiris cís ttatnralis poteflatis ejl ttni-cuique quodputaverit , colere , ntc ttlii ob-ejl aut proies alterius religio. Sed nec re-lìgìonis ejl cogéré religionem qua J’pontefufeipi iebeat , non vi ; cum U hostie abanima Inbenti expojlnlentur.

Voilà ce que les chrétiens foibles &persécutés représentoient aux idolâtresqui les traînoient aux piés de leurs au-tels.

11 est impie d’exposer la religion auximputations odieuses de tyrannie , de du-reté, d'injustice, d’insociabilité, mêmedans le dessein d’y ramener ceux quis’enferaient malheureusement écartés.

L’esprit ne peut acquiescer qu’à ce quilui paroît vrai; le cœur ne peut aimerque ce qui lui semble bon. La violencefera de ( homme un hypocrite , s'il estfoible; un martyr, s’il est courageux.Foible ou courageux, il sentira l’injus-tice Ue la persécution & s’en indignera.

L’instruction , la persuasion & la priè-re, voilà les seuls moyens légitimes d’é-tendre la religion.

Tout moyen qui excite la haine , l’in-dignation Sc le mépris , est impie.

Tout moyen qui réveille les passions& qui tient à des vues intéressées, estimpie.

Tout moyen qui relâche les liens na-turels & éloigne les peres des enfans , lesfreres des freres, les sceuss des sœurs,est impie.

Tout moyen qui tendrait à souleverles hommes, à armer les nations & trem-per la terre de sang, est impie.

IT est impie de vouloir imposer desloixà la conscience, réglé universelle desactions. II fautl’éclairer & non la con-traindre.

Les hommes qui se trompent de bonnefoi sont à plaindre, jamais à punir.

11 ne faut tourmenter ni les hommesde bonne foi, ni les hommes de mau-vaise foi , mais eu abandonner le juge-ment à Dieu.

Si l’on rompt le lien avec celui <ju’on