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Tome dix-huitieme. I - JOM.
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Addition à cet article. L'hôtel royaldes Invalida , monument digne de lagrandeurdu monarque qui l'a fondé, estdestiné à recevoir des soldats de deux el-peces. Ceux qui par leur grand âge & lalongue durée de leurs services ne fontplus en état d'en rendre ; & d’autres aux-quels des blessures graves , la perte dequelque membre ou des infirmités nepermettent pas de soutenir la fatigue desmarches, ni de faire le service soit engarnison , soit.en campagne.

Parmi ceux de cette seconde classe, ondoit distinguer les soldats dont les bles-sures font de nature à les priver de toutexercice , d’avec d’autres qui ne pou-vant s’y prêter qu’avec gêne, acquièrentcependant par l'habitude & par i’adressequi naît de la nécessité, cette aptitudeque l’on voit souvent daus des gens mu-tilés.

De deux soldats l'un a la jambe cou-pée , l’autre a une ankilofe au genou ;ils font également hors d’état de servir :le premier de deux autres a eu le bras em-porté , le second a eu le bras cassé, on l’aguérimais ce bras par déperdition desubstance ou par accident dans la cure,est devenu roide ou plus court que l’au-tre ; il rend donc conséquemment le su-jet incapable. Voilà quatre hommes quel’on juge digne des grâces du roi ; ilsl’ont également bien servi, & pendantle même temps ; ils doivent être récom-pensés , cela est juste ; qn leur ouvre àtous également la porte de l’hôtel, celaest mal.

Il est fans doute de la grandeur du roid’assurer de quoi vivre à ceux qui l’ontservi ; mais il est aussi de fa sagesse dedistinguer les temps, les circonstances ,& de modifier les grâces.

Le plus grand des malheurs que laguerre entraîne après elle , est la consom-mation d’hommes ; le ministère n’est oc-cupé que dusoin de remplir par débon-dantes recrues tout ce que le Fer, le feu ,les maladies, la désertion laissent de vuidedans une armée. Trois campagnes enlè-vent ì la France toute cette jeunessequ’elle a mis vingt ans à élever ; le ti-rage de la milice, les enrôlemens volon-taires ou forcés dépeuplent les campa-gnes. Pourquoi ne pas employer lesmoyens qui se présentent de rendre quel-ques habitant à ces villages, où l’on ne

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rencontre plus que des vieillards & desfilles de tout âge?

Quel inconvénient y auroit-il de sta^tuer qtie tout soldat, cavalier, dragonde quarante cinq ans & au-dessous, au-quel ses services ou certaines blessuresont mérité l’hôtel, se retirât dans facommunauté ? Pourquoi ne pas faireune loi d’état qui oblige cet homme des’y marier t

L’auteur de l’csprit des loix dit que IIoù deux personnes peuvent vivre com-modément, il s’y fait un mariage ; ilajoute que les filles par plus d’une rai-son y sont assez portées d’elles-mêmes ,& qne.ee font les garçons qu’il faut en-courager.

Le soldat avec fa paie que le roi de-vra lui conserver, suivant son grade, &telle qn’il la reccvoit à son corps, la filleavec le produit de son travail & de sonéconomie , auront précisément ce qu’ilfaut pour vivre commodément ensem-ble : voilà donc lin mariage.

Le soldat sera encouragé par la loi o.tipar le bénéfice attaché à l’exécution déla loi ;ia fille est encouragée d'elle-mê-me , par la raison que tout la gêne étantfille , & quelle veut jouir dé la libertéque toutes les filles croient encore'apper-cevoir dans Pétât de femme.

Un homme dans un village avec centlivres de rente assurée, quelque infirméqu’il soit & hors d’état de travailler, fetrouve au niveau de la majeure partiedes habitans du même lieu, tels que ma-nouvriers, bûcherons, vignerons, tisse-rands & autres ; on estime le produit deleur travail dix fous par jouir, on sup-pose avec .assez de raison qn’ils ne peu-vent travailler que deux cents jours dansPennée , le surplus comme les fêtes, lesjournées perdues aux corvées , cellesque la rigueur des faisons ne permet pasd’employcrautravail, les temps de ma-ladie , tout cela n’entre point en compte |& c’est fur le pié de deux cents jours paran seulement que le roi réglé l’imposi-tien que ces ouvriers doivent lui payer.Voilà donc deja l égalité de Fortune éta-blie entre le soldat & les habitans dela campagne.

On verra dans la fuite de ce mémoire,que le soldat, indépendamment du pro-duit de quelque léger travail ou de quel-que petit commerce dont il est le maître