tó THESEE.
Comme c’estoit encore alors la coustume queceux qui sortoient de l’enfance , allassent àDelphes consacrer à Apollon leurs premierscheveux , Thesée y alla comme les autres ,& on assure que le lieu, où se faisoit cette céré-monie, porte encore son nom &c s appelle The -Jeïai mais il ne coupa que ses cheveux de devant.
cn mesine temps celle de Silanion& de Parrhasius, qui en av oientfait des statues & des portraits.Plutarque les loue beaucoup plusdes honneurs qu’ils rendoient aupremier, que de ceux qu’ils fai-foient aux autres: fin effet, quellecomparaison ! Le Statuaire & lePeintre ne reprefentent que lestraits du corps, au lieu qu’unGou-verneur forme les mœurs & l’ef-prit, élevel’ame, & inspire toutesles vertus. Ceux-là doivent estrelouez & estimez, comme d’excel-lents ouvriers, & celuy-cy doitestre honoré comme le bienfai-cteur de tous les hommes, & unedes causes les plus efficaces detoutes les grandes actions, quifont leur bonheur.
Comme c estoit encore alors lacoustume , que ceux qui sortoientde r enfanceallassent à Delphesconsacrer a .Apollon leurs premierscheveux. ] Plutarque fait enten-dre que cette coustume estoitbeaucoup plus ancienne queThe-fée ; mais Eustathie efcrít que cefut Thesée qui commença& quisut le premier qui consacra sescheveux à Apollon à Delos, &
non pas à Delphes; jenesçaid’oùil avoittiré cette particularité. Pafun passage de Lucien, s’il est vrayque le Traité de la Deeflè Syrien-ne soit de luy, il paroist que lesTrezeniens estoient les seuls detous les Grecs qui eussent cettecoustume de consacrer les pré-mices de leurs cheveux, & qu ellene commença qu'àprés Thesée ;car cette consécration se faisoit âl’honneur d’Hippolyte, fils de ceHéros,par tous les jeunes gens del’un & de l’autre sexe, qui autre-ment n’auroient pas eu la libertéde sc marier, & cela se faisoit decette sorte : On laissoit croistíeles cheveux aux enfants jusques àce qu’ils sussent grands ; quand ilsestoient eu âge , on les menoitdans un Temple, on leur coupoitles cheveux , & on les mettoítdans un vase d’or ou d'argent,sor lequel on escrivoit le nom dechacun, & on le consocroit dansle Temple. Cette melme coustumeestoit aussi chez les Assyriens, lesjeunes garçons offiroient leurscheveux , & les jeunes hommesles prémices de leur barbe.