DISCOURS PRELIMINAIRE.
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circumméridiennes que j’ai trouvées dans les manuscrits de M. de Humboldt. Deshauteurs prises à de très-grandes distances du méridien, ont été employées pourétablir l’état du chronomètre ; son avance et le retard sur le temps vrai du lieu,m’ont servi à calculer l’angle horaire pour les observations faites près du passagede l’astre par le méridien. Or, ces observations étant presque toujours faitesdes deux côtés du méridien, il arrive ordinairement que les petites erreursqui résultent de l’incertitude du temps, se détruisent en grande partie. Ensuivant cette méthode, j’ai pu meme combiner des hauteurs du soleil avec cellesdes astres, prises à des époques rapprochées.
Quoique la détermination des latitudes ne présente pas les mêmes difficultésque la détermination des longitudes, on ne sauroit nier quelle n’appartienne auxopérations les plus délicates de l’astronomie pratique. Depuis qu’on s’est livréà de nouvelles recherches sur la figure de la terre, et qu’on a mesuré, avec laplus scrupuleuse exactitude, l’amplitude des arcs dont la longueur étoitconnue par des opérations trigonométriques , on s’est aperçu combien il estdifficile, malgré l’extrême perfection des instrumens et la grande habileté desastronomes, de parvenir à l'exactitude d’une seconde sexagésimale : à peineexiste-t-il un ou deux observatoires en Europe où l’on puisse se flatter d’avoirobtenu ce degré de précision dans la détermination de latitude ; mais aussi qued’années se sont écoulées avant que l’astronomie pratique ait pu s’élever peu àpeu au degré de perfection auquel elle se trouve de nos jours !
Vers le milieu du dix-septième siècle, le célèbre Hevelius (Hevelke) à Dantzick,fut le seul astronome qui eût des instrumens avec lesquels on pût mesurer deslatitudes à une demi-minute près. En 1664, Auzout, astronome françois, seplaignoit encore « qu’il n’existoit ni à Paris, ni dans aucun lieu du royaume,« un instrument avec lequel on pût prendre exactement la hauteur du pôle I . »
Picard fixa cependant déjà , en 1668, la latitude de Paris à 48 ° 5o' i 3 ^; il lafit plus petite de 8 //r l’année d’après. Cassinî, en 1691, trouva le même résultat.En 1720, Louville fixa la latitude de l’observatoire de Paris à 48 ° 5 o' 6";Maraldi, en 1732, la fit de 48 ° 5 o' 11 " ; et Le Monnier, en 1738, de 48 ° 5o' 10Cassini de Thury , quatre années plus tard, augmenta cette latitude de ;
1 Lalande, Astronomie, Tom. Il, §. 23 og , 2.° édition. Riccioli, dans sa Geographia reformata,s’exprime ainsi, en 1672, au sujet de la latitude de Lisbonne : « Ulyssipponis altitudo poli, seuu. latitado geographica tam absona diversitate apud auclores reperitur, ut pene me pudeat eam producere« in medium. »