d’observations ASTRONOMIQUES. 397
LIMA,
Capitale du Pérou. Élévation : 174 mètres (89 toises ) au-dessus du niveau de
la mer.
Le père Feuillée 1 ayant atterré à Lima en 1709, fixa la latitude de cettecapitale à io° o' 57". Dans la partie occidentale du Pérou, le ciel est si peufavorable aux observations astronomiques, que, pendant les sept mois que cenaturaliste séjourna à Lima, il ne put observer aucun phénomène propre à faireconnoitre la longitude du lieu. Il instruisit dans l’astronomie-pratique un médecinfrançois, Alexandre Durand, établi depuis long-temps au Pérou ; il le chargead’observer soigneusement les éclipses des satellites de Jupiter : Durand profita desleçons de son maître, et lui envoya effectivement, en 1710, plusieurs observationsde ces éclipses, desquelles le père Feuillée déduisit la longitude de Lima : il crutdevoir la fixer à 5 h 16' 38" à l’ouest du méridien de Paris 2 .
Quelques années plus tard, Don Juan Pedro de Peralta observa à Limadeux éclipses de lune, par lesquelles il fixa la longitude à 5 h 17' 20 " 3 .
En 1737, La Condamine et Ulloa observèrent, avec un quart de cercle deonze pouces, et avec un autre qui avoit servi au père Feuillée, la latitude deLima : ils la trouvèrent de 12 0 3 '.
En 1741, Don Antonio Ulloa revint encore à Lima, et observa, au moyend’un quart de cercle de deux pieds, onze hauteurs du soleil, qui lui donnèrentla latitude de 12 0 2' 36". Ayant observé six émersions du premier satellitede Jupiter, il en déduisit la longitude de 5 h 17' 36"; résultat qui est fondésur la comparaison avec des tables corrigées 4 .
Les astronomes embarqués sur la corvette de Malaspina observèrent aussi auCallao et à Lima : les cartes que le Deposito hjdrograjico de Madrid dressa,d’après ces observations, placent Lima à 5 b 16' 53" de longitude, et à 12 0 3'de latitude. Cependant les manuscrits de l’expédition de Malaspina } que M. deHumboldt eut occasion de voir à Guajaquil et à Mexico , placent le port duCallao par les 5 h 18 ' 28", et Lima par les 5 b 18 ' 16" de longitude. M. deHumboldt éprouva, comme tous les voyageurs qui l’ont précédé, combien le cielbrumeux des côtes de la mer du Sud est contraire aux observations ; il veilla des
1 Journal d’Observations astronomiques, p. 4g5 :
a Ibidem, pag. 655. Frezier, pilote peu instruit, observatenr dépourvu d’inslrumens, prétend avoirtrouvé la longitude de Lima , 4 h 19' 0“ à l’ouest de Paris ; la latitude australe de 12 0 6' 2 6 '.
3 Mémoires de l’Académie des sciences, pour 1729, p. 375.
4 Voyage en Amérique méridionale, Tom. II, p. 4 9>
Astronomie, Fol. II, bi