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Tome douzième.
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LETTRE

qui m’y déplaisent ne sont que m’inspirer plus de confiancepour celles qui me transportent ; ' ce n’est pas fans peine queje défends quelquefois ma raison contre les charmes de votrePoésie, mais c’est pour rendre mon admiration plus digne devos ouvrages, que je m’efForce de n’y pas tout admirer.

Je ferai plus, Monsieur ; je vous dirai fans détour, non lesbeautés que j'ai cru sentir dans ces deux Poèmes, îa tâcheeffrayeroit ma paresse, ni même les défauts qu’y remarquerontpeut-être de plus habiles gens que moi, mais les déplaisirsqui troublent en cet instant le goût que je prenois à vos leçons ;& je vous les dirai encore attendri d’une premiere lecture oùmon cœur écoutoit avidement le vôtre, vous aimant commemon frété, vous honorant comme mon maître, me flattantenfin que vous reconnoícrez dans mes intentions la franchised’une ame droite , & dans mes discours le ton d’un ami de lavérité qui parle à un philosophe. D’ailleurs, plus votre secondPoème m "enchante , plus je prends librement parti contrele premier, car si vous n’avez pas craint de vous opposer àvous - même , pourquoi craindrois-je d’être de votre avis ? Jedois croire que vous ne tenez pas beaucoup à des sentimensque vous refusez si bien.

Tous mes griefs font donc contre votre Poème fur le dé-sastre de Lisbonne, parée que j'en attend ois des effets plusdignes de l’humanité qui paroît vous l’avoir inspiré. Vous re-prochez à Pope & à Leibniz d’insulter à nos maux en. soute-nant que tout est bien , & vous chargez tellement le tableaude nos miseres que vous en aggravez le sentiment : au lieudes consolations que j'espérois, vous ne faites que m’aiîìiger;

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