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Tome douzième.
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A M. DE VOLTAIRE. 107

rapport à lui-même ; en sorte que pour qui sent son existenceil vaille mieux exister que ne pas exister. Mais il faut appli-quer cette réglé à la durée totale de chaque être sensible & nonà quelque instant particulier de sa durée tel que la vie humaine,ce qui montre combien la question de la providence tient àcelle de l’immortalité de l’ame qpe j'ai le bonheur de croire,fans ignorer que la raison peut en douter, & à celle de l’éter-nité des peines que ni vous, ni moi, ni jamais homme pen-sant bien de Dieu ne croirons jamais.

Si je ramene ces questions diverses à leur principe commun,âl me semble qu’elles se rapportent toutes à celle de l’exif-tence de Dieu. Si Dieu existe , il est parfait ; s’il est parfait,il est sage , puissant & juste; s’il est sage & puissant, tout estbien ; s’il est juste & puissant, mon ame est immortelle ; si moname est immortelle, trente ans de vie ne font rien pour moi& font peut-être nécessaires au maintien de l’univers. Si l’onm’accorde la premiere proposition, jamais on n’ébranlera lessuivantes ; si on la nie, il ne faut point disputer fur ses con-séquences.

Nous ne sommes ni ì’un ni l’autre dans ce dernier cas. Bienloin du moins que je puisse rien présumer de semblable devotre part en lisant le recueil de vos œuvres , la plupart m’of-ffent les idées les plus grandes, les plus douces , les plus con-solantes de la divinité, & j'aime bien mieux un chrétien devotre façon que de celle de la Sorbonne.

Quant à moi, je vous avouerai naïvement que ni le pourni le contre ne me paroissent démontrés fur ce point par lesseules lumières de la raison, ôc que si le théiste ne fonde son

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