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Tome douzième.
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LETTRE

Í3ì

Comme admirateur de Pun «Se de Pautre, je ne puis gueresêtre suspect: de préjugés en parlant d’eux. Je ne vous crois pasdans le même cas. Je fuis peu surpris que vous donniez ausecond tout Pavantage. Vous n’avez pas assez fait connoissanceavec Pautre, & vous n’avez pas pris assez de foin pour déga-ger ce qui est vraiment à lui, de ce qui lui est étranger& qui le défigure à vos yeux, comme à ceux de bien d’au-tres gens qui, selon moi, n’y ont pas regardé de plus prèsque vous. Si Jésus fut né à Athènes & Socrate à Jérusa-lem , que Platon «Sc Xénophon eussent écrit la vie du pre-mier , Luc & Matthieu celle de Pautre , vous changeriezbeaucoup de langage, & ce qui lui fait tort dans votre esprit,est précisément ce qui rend son élévation d’atne plus étonnante& plus admirable, savoir, fà naissance en Judée chez le plusvil peuple qui peut-être existât alors , au lieu que Socrate, néchez le plus instruit & le plus aimable , trouva tous les secoursdont il avoit besoin pour s’élever aisément au ton qu’il prit*U s’éleva contre les Sophistes comme Jésus contre les Prêtres,avec cette différence que Socrate imita souvent ses antagonistes,& que íì fa belle «Se douce mort n’eût honoré fa vie, il eûtpassé pour un sophiste comme eux. Pour Jésus, le vol sublimeque prit fa grande ame l’éleva toujours au-dessus de tous lesmortels, & depuis Page de douze ans jusqu’au moment qu’ilexpira dans la plus cruelle ainsi que dans la plus infâme de toutesles morts, il ne se démentit pas un moment. Son noble pro-jet étoit de relever son peuple, d’en faire derechef un peuplelibre Sc digne de l’être ; car c’étoit par-là qu’il falloit com-mencer. L’étude profonde qu’il fit de la loi de Moïse, ses