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Tome douzième.
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LETTRE A U PRINCE

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reste. Je dois sentir que je n’ob tiendrai pas tout ce que je veux:mais n’importe, ne nous décourageons point. De tout ce quiest bien , je ferai tout ce qui. est possible, mon zele & mavertu m’en répondent : une partie de la sagesse est de porterle joug de la nécessité : quand le sage fait le reste il a tout fait.Voilà ce que je me dirois íì j’étois Prince. Après cela, j’iroisen avant fans me rebuter, fans rien craindre ; & quel que futmon succès, ayant fait ainsi je ferois content de moi. Je necrois pas que j’eusse tort de l’être.

II faut, Monsieur le Duc, commencer par vous bien met-tre dans l’efprit, qnil n'y a point d’œil paternel que celui d’unpere , ni d’œil maternel que celui d’une mere. Je voudrois em-ployer vingt rames de papier à vous répéter ces deux lignes rtant je fuis convaincu que tout en dépend.

Vous êtes Prince, rarement pourrez-vous être pere , vousaurez trop d’autres foins à remplir : il faudra donc que d’autresremplissent les vôtres. Madame la Duchesse fera dans le mêmecas à-peu-près.

De-là fuit cette premiere réglé. Faites en forte que votreenfant soit cher à quelqu’un.

II convient que ce quelqu’un soit de son sexe. L’âge est très-diffîcile à déterminer. Par d’importantes raisons il la faudroitjeune. Mais une jeune personne a bien d’autres soins en tête quede veiller jour & nuit fur un enfant. Ceci est un inconvénientinévitable & déterminant.

Ne la prenez donc pas jeune, ni belle, par conséquent ; carce feroit encore pis. Jeune , c’esteîle que vous aurez à craindre :belle , c’est tout ce qui rapprochera.

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