M A R Q U I S D E M I R A B E A U. i6z
Mais les Caligula, les Nérons , les Tiberes !.mon
Dieu !. je me roule par terre, & je gémis d’être homme.
Je n’ai pas entendu tout ce que vous avez dit des loix dansvotre livre , 8c ce qu’en dit l’Auteur nouveau dans le hen.Je trouve qu’il traite un peu légèrement des diverses formesde gouvernement, bien légèrement sur-tout des suffrages. Cequ’il a dit des vices du Despotisme électif est très-vrai : cesvices font terribles. Ceux du Despotisme héréditaire, qu’iln’a pas dits, le font encore plus.
Voici- un second problème qui depuis long-tems m’a roulédans l’esprit.
Trouver dans h Despotisme arbitraire une forme de suc-cession qui ne soit ni élective ni héréditaire , ou plutôt quisoit à la sois Pune & Vautre , & par laquelle on s 1 assure au-tant q s il est possible de savoir ni des Tiberes ni des Nérons .
Si jamais j’ai le malheur de m’occuper derechef de cettefolle idée, je vous reprocherai toute ma vie de m’a voir ôtéde mon râtelier. J’espere que cela n’arrivera pas ; mais, Mon-, fleur, quoi qu’il arrive, ne me parlez plus de votre Despo-/' tisme légal. Je ne saurois le goûter ni même l’entendre ; &
je ne vois là que deux mots contradictoires, qui réunis nesignifient rien pour moi.
Je connois d’autant moins votre principe de population,qu’il me paroít inexplicable en lui-même , contradictoire avecles faits , impossible à concilier avec l’origine des nations.Selon vous, Monsieur , la population multiplicative n’auroitdû commencer que quand elle a cessé réellement. Dans mesvieilles idées si-tôt qu’il y a eu pour un fol de ce que vous
X r
i
O