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Tome douzième.
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LETTRES

exemple , beaucoup d’honnêtes lecteurs íòupçonneroient volon-tiers qu’avec de Fargent, le chef de la fabrique de fer battu,ou Fauteur des fontaines domestiques excitent mon zele encette occaíìon ; défiance assez naturelle dans un ílecle de char-latanerie, où les plus grands fripons ont toujours Pintérêtpublic dans la bouche. L’exempîe est en ceci plus persuasif quele raisonnement, parce que la même défiance ayant vraisem-blablement dû naître aussi dans Fesprit des autres, on est portéà croire que ceux qu’elle n’a point empêché d’adopter ce quel’on propose, ont trouvé pour cela des raisons décisives. Ainsi,au lieu de m’arrêter à montrer combien il est absurde, mêmedans le doute , de laisser dans la cuisine des ustensiles suspects •de poison, il vaut mieux dire que M. Duverney vient d’ordonnerune batterie de fer pour l’Ecole militaire, que M. le Prince deConti a banni tout le cuivre de la sienne ; que M. le Duc deDuras Ambassadeur en Espagne, en a fait autant; & que soncuisinier, qu’il consulta là-dessus, lui dit nettement que tousceux de son métier qui ne s’accommodoient pas de la batteriede fer, tout aussi bien que de celle de cuivre , étoient des igno-rans, ou des gens de mauvaise volonté. Plusieurs particuliersont suivi cet exemple, que les personnes éclairées, qui m'ontremis Fextrait ci-j oint, ont donné depuis long-tems , fans queleur table fe ressente le. moins du monde de ce changement,que par la confiance avec laquelle on peut manger d’excellensragoûts, très-bien préparés dans des vaisseaux de fer.

Mais' que peut-on mettre fous les yeux du public de plusfrappant que cet extrait même ? S’il y avoit au monde une:nation qui dût s’opposer à Fexpulíìon du cuivre, c’est certai-