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Tome douzième.
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LETTRES

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quoi de lâche , à demander aux gens la permission de les louer,Sc d’indécent à l’accorder. Ne croyez pas, non plus , qu’unetelle conduite soit sans exemple : je puis vous faire voir deslivres dédiés à la nation Françoise, d’autres au peuple Anglois,fans qu’on ait fait un crime aux Auteurs de n’avoir eu pour celani le consentement de la nation, ni celui du Prince qui sûrementleur eût été refusé , parce que dans toute Monarchie , le roiveut être l’Etat lui tout seul, & ne prétend pas que le peuplesoit quelque chose.

Au reste, íij’avois eu à m’ouvrir à quelqu’un fur cette affaire,ç’auroit été à M. le Premier moins qu’à qui que ce soit aumonde. J’honore & j’aime trop ce digne Sc respectable Magis-trat , pour avoir voulu le compromettre en la moindre chose,& l’exposer au chagrin de déplaire peut-être à beaucoup degens, en favorisant mon projet ; ou d’être forcé , peut-être ,à le blâmer contre son propre sentiment. Vous pouvez croirequ’ayant réfléchi long-tems furies matières de Gouvernement,je n’ignore pas la force de ces petites maximes d’Etat qu’uasage Magistrat est obligé de suivre, quoiqu’il en sente lui-mêmetoute la frivolité.

Vous conviendrez que je ne pouvois obtenir l’aveu du Con-rseil, sans que mon ouvrage fût examiné ; or, pensez - vousque j’ignore ce que c’est que ces examens, & combien l’amour-propre des censeurs les mieux intentionnés , Sc les préjugésdes plus éclairés, leur font mettre d’opiniâtreté & de hauteurà la place de la raison, & leur font rayer d’excellentes cho-ses , uniquement parce qu’elles ne. font pas dans leur maniéréde penser Sc qu’ils qe les ont pas méditées aussi profondément

que

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