DIVERSES.
2.19
vous faites îe voyage que vous me promettez, Phabimde denous voir & de nous mieux connoítre affermira pour jamaiscette amitié véritable que j’ai tant de penchant à contracteravec vous. S’il efl donc vrai que votre fortune & vos affairesvous permettent ce voyage, ëc que votre cœur le deíìre, an-noncez-le moi d’avance afìn que je me prépare au plaisir depresser du moins une fois en ma vie, un honnête homme &un ami contre ma poitrine.
Par rapport à ma croyance , j'ai examiné vos objections,& je vous dirai naturellement, qu’elles ne me persuadent pas.Te trouve que pour un homme convaincu de Pimmortalité dePâme vous donnez trop de prix aux biens & aux maux decette vie. J’ai connu les derniers mieux que vous , & mieuxpeut-être qu’homme qui existe; je n’en adore pas moinsl'équitéde la providence 6c me croirois auílì ridicule de murmurer demes maux durant cette courte vie , que de crier à l’infortune,pour avoir passé une nuit dans un mauvais cabaret. Tout ceque vous dites fur l’impuissance de la conscience, se peut ré-torquer plus vivement encore contre la révélation ; car quevoulez-vous qu’on pense de fauteur d’un remede qui ne gué-ris de rien? Ne diroit-on pas que tous ceux qui connoissentl’Evangiíe font de fort saints personnages , 6c qu'un Siciliensanguinaire & perfide vaut beaucoup mieux qu’un Hottentotstupide & grossier?
Voulez-vous que je croye que Dieu n’a donné sa loi auxhommes que pour avoir une double raison de les punir ? Pre-nez garde, mon ami ; vous voulez le justifier d’un tort chi-mérique , 6c vous aggravez Faccusation. Souvenez-vous, sur-
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