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Tome douzième.
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LETTRES

II n’y a rien de moi sous la presse ; ceux. qui vous l’ont dîtvous ont trompé. Quand j’aurai quelque écrit prêt à paroítre ,vous n’en ferez pas instruit le dernier. J’ai traduit tant bienque mal un livre de Tacite & j’en reste là.. Je ne fais pas assezde Latin pour l’entendre, & n’ai pas assez de talent pour lerendre. Je m’en tiens à cet essai ; je ne fais même si j’auraijamais l’effronterie de le faire paroître ; j’aurois grand besoinde vous pour l’en rendre digne. Mais parlons de l’histoire deGeneve. Vous savez mon sentiment sur cette entreprise ; jen’en ai pas changé; tout ce qui me reste à vous dire , c’estque je souhaite que vous faíïìez un ouvrage assez vrai, assezbeau, & assez utile pour qu’il soit impossible de l’imprimer ;alors , quoi qu’il arrive, votre manuscrit deviendra un monu-ment précieux qui fera bénir à jamais votre mémoire par tousles vrais citoyens , si tant est qu’il en reste après vous. Jecrois que vous ne doutez pas de mon empressement à lire cetouvrage , mais si vous trouvez quelque occasion pour me lefaire parvenir, à la bonne heure ; car, pour moi, dans maretraite , je ne fuis point à portée d’en trouver les occasions.Je fais qu’il va ôc vient beaucoup de gens de Geneve à Paris& de Paris à Geneve, mais je connois peu tous ces voyageurs,& n’ai nul dessein d’en beaucoup connoître. J’aime encoremieux ne pas vous lire.

Vous me demandez de la musique, eh Dieu, cher Vernes lde quoi me parlez-vous ? Je ne connois plus d’autre musiqueque celle des Rossignols ; & les Chouettes de 1a forêt m’ontdédommagé de l’Opéra de Paris. Revenu au seul goût desplaisirs de la nature, je méprise l’apprêt des amusemens des

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