*34
LETTRES
vissans concerts des sphères célestes qu’ûti apprend ces savan-tes successions d’accords. Heureux , dans ce íìeele de cacopho-nie 6c de discordance , qui peut se conserver une oreille assezpure pour entendre ces divins concerts IAu reste , je persiste à croire , quoiqu’on en puisse dire ,que quiconque après avoir îu la nouvelle Héloïse la peut regar-der comme un livre de mauvaises mœurs, n’est pas fait pouraimer les bonnes. Je me réjouis, Monsieur, que vous ne soyezpas au nombre de ces infortunés , 6c je vous salue de toucmon cœur.
- = —.aîfemr gs — —- SA
LETTRE
A M * * *.
Montmorenci î'e iç Février 17 6 t ,'
XE suis charmé, Monsieur, de la lettre que vous venez de:m’écrire, 6c bien loin de me plaindre de votre louange, je vous:en remercie , parce qu’elle est jointe à une critique franche ôcjudicieuse qui me fait aimer l’une 6c l’autre comme le langage:de l’amitié. Quant à ceux qui trouvent ou feignent de trouverde f opposition entre ma lettre sur les Spectacles ôc la nouvelleHéloïse, je suis bien sûr qu’ils ne vous en imposent pas. Voussavez que la vérité, quoiqu’elle soit une, change de forme 1selon les tems 6c les lieux, 6c qu’on peut dire à Paris ce qu’endes jours plus heureux on n’eût pas dû dire à Geneve : maisà présent les scrupules ne font plus de saison, 6c par-tout où-séjournera long-tems M. de Voltaire, on pourra jouer après
l
i