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Tome douzième.
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DIVERSES.

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point óté votre estime, je ne présume pas que ma franchiseme la doive ôter.

Une ame paresseuse qui s’effraye de tout foin, un tempéra-ment ardent, bilieux, facile à s’affecter, & sensible à l’excèsà tout ce qui l’assecte, semblent ne pouvoir s’allier dans lemême caractère ; & ces deux contraires composent pourtantle fond du mien. Quoique je ne puisse résoudre cette oppositionpar des principes, elle existe pourtant; je la sens, rien n’estplus certain, & j'en puis du moins donner par les faits , uneespece d’historique qui peut servir à la concevoir. J’ai eu plusd’activité dans l’enfance, mais jamais comme un autre enfant.Cet ennui de tout m’a de bonne heure jetté dans la lecture.A six ans, Plutarque me tomba fous la main ; à huit, je lesavois par cœur ; j’avois lu tous les romans ; ils m’avoient faitverser des seaux de larmes, avant l’âge où le cœur prendintérêt aux romans. De-là se forma dans le mien ce goûthéroïque & romanesque qui n’a fait qu’augmenter jusqu’à pré-sent, Ôc qui acheva de me dégoûter de tout, hors de ce quiressembloit à mes folies. Dans ma jeunesse, que je croyoistrouver dans le monde les mêmes gens que j’avois connusdans mes livres , je me livrois fans réserve à quiconque savoitm’en imposer par un certain jargon dont j'ai toujours été ladupe. Pétois actif parce que j’étois fou; à mesure que j’étoisdétrompé, je changeois de goûts , d’attachemens, de projets;& dans tous ces changemens je perdois toujours ma peine& mon tems, parce que je cherchois toujours ce qui n’étoitpoint. En devenant plus expérimenté, j’ai perdu peu-à-peul’espoir de le trouver, & par-conséquent le zele de le chercher.