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Tome douzième.
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D I V E R S E S.

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tes, & il est désormais démontré pour moi, par l’expérience,que Fétat où je me fuis mis est le seul où l’homme puisse vivrebon & heureux , puifqu’il est le plus indépendant de tous , ôcle seul où on ne se trouve jamais pour son propre avantage ,dans la nécessité de nuire à autrui.

J’avoue que le nom que m’ont fait mes écrits, a beaucoupfacilité Fexécution du parti que j’ai pris. II faut être cru bonAuteur , pour fe faire impunément mauvais copiste, & ne pasmanquer de travail pour cela. Sans ce premier titre, on m’eûtpu trop prendre au mot fur l’autre , ôc peut-être cela m’auroit-il mortifié ; car je brave aisément le ridicule, mais je ne fup-porterois pas si bien le mépris. Mais si quelque réputation medonne à cet égard un peu d’avantage, il est bien compensé partous les inconvéniens attachés à cette même réputation, quandon n’en veut point être esclave , ôc qu’on veut vivre isolé &indépendant. Ce sont ces inconvéniens en partie qui m’ontchassé de Paris, ôc qui me poursuivant encore dans mon asyle,me chasseroient très-certainement plus loin, pour peu que masanté vint à se raffermir. Un autre de mes fléaux dans cettegrande ville , étoit ces foules de prétendus amis qui s’étoientemparés de moi, ôc qui jugeant de mon cœur par les leurs,vouloient absolument me rendre heureux à leur mode, ôc nonpas à la mienne. Au désespoir de ma retraite, ils m’y ont pour-suivi pour m’en tirer. Je n’ai pu m’y maintenir sans tout rom-pre. Je ne fuis vraiment libre que depuis ce tems-là.

Libre 3 non, je ne le fuis point encore ; mes derniers écritsne font point encore imprimés ; ôc vu le déplorable état de mapauvre machine, je n’efpere plus survivre à Fimpression du re-

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