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Tome douzième.
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DIVERSES.

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ici du jargon, des airs, dans tous les états ; de beaux parleurslabourant les champs, 6c des courtisans en souquenille. Auííìappelle-t-on les Neufchâteîois les gascons de la Suisse. Ils ontde l’esprit 6c ils se piquent de vivacité ; ils lisent, 6c la lectureleur profite ; les paysans mêmes font instruits ; ils ont presquetous un petit recueil de livres choisis qu’ils appellent leur bi-bliothèque ; ils font même assez au courant pour les nouveau-tés ; ils font valoir tout cela dans la conversation d’une ma-niéré qui n’est point gauche , 6c ils ont presque le ton du jourcomme s’ils vivoient à Paris. II y a quelque tems qu’en mepromenant, je m’arrétai devant une maison où des filles fai-soient de la dentelle ; la mere herçoit un petit enfant; 6c je laregardois faire, quand je vis sortir de la cabane un gros paysan ,qui m'abordant d’un air aisé me dit : vous voye\ qii’on ne fuitpas trop bien vos préceptes , mais nos femmes tiennent autantaux vieux préjugés quelles aiment les nouvelles modes. Jetombois des nues. J’ai entendu parmi ces gens-là cent proposdu même ton.

Beaucoup d’efprit & encore plus de prétention, mais fansaucun goût, voilà ce qui m’a d’abord frappé chez les Neufchâ-tclois. Ils parlent très-bien , très-aisément, mais ils écriventplatement 6c mal, fur-tout quand ils veulent écrire légèrement,6c ils le veulent toujours. Comme ils ne savent pas même enquoi consiste la grâce 6c le sel du style léger, lorfqu’ils ont en-filé des phrases lourdement sémillantes, ils se croient autantde Voltaires 6c de Crcbillons. Ils ont une maniéré de journaldans lequel ils s’efforcent d’être gentils 6c badins. Ils y fourentmême de petits vers de leur façon. Madame la Maréchale trou-