LETTRES
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établissement si précoce. Votre âge seul m’alarme pour vous;tout le reste me rassure. Je fuis toujours persuadé que le vraibonheur de la vie est dans un mariage bien assorti; & je nele fuis pas moins , que tout le succès de cette carrière dépendde la façon de la commencer. Le tour que vont prendre vosoccupations, vos foins, vos maniérés, vos affections domesti-ques , durant la premiere année, décidera de toutes les autres.jC’est maintenant que le sort de vos jours est entre vos mains ;plus tard il dépendra de vos habitudes. Jeunes époux, vousêtes perdus, si vous n’êtes qu’amans ; mais soyez amis debonne heure pour Pêtre toujours. La constance qui vaut mieuxque Pamour, lui survit & le remplace. Si vous savez Pétablirentre vous, votre maison vous plaira plus qu’aucune autre ;& dès qu’une fois vous ferez mieux chez vous que par-toutailleurs, je vous promets du bonheur pour le reste de votrevie. Mais ne vous mettez pas dans Pesprit d’en chercher auloin , ni dans la célébrité, ni dans les plaisirs, ni dans lafortune. La véritable félicité ne fe trouve point au-dehors ; ilfaut que votre maison vous suffise, ou jamais rien ne vous suffira.
Conséquemment à ce principe, je crois qu’il n’est pas tems,quant à présent, de songer à Pexécution du projet dont vousm’avez parlé. La société conjugale doit vous occuper plus quela société helvétique ; avant que de publier les annales de celle-ci , mettez-vous en état d’en fournir le plus bel article. II fautqu’en rapportant les actions d’autrui, vous puissiez dire commele Correge : & moi auffi je fuis homme.
Mon cher K * * * , je crois voir germer beaucoup de mériteparmi la jeunesse Suisse; mais la maladie universelle vous gagne
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