Band 
Tome douzième.
JPEG-Download
 

LETTRES

ZZ6

brille pour avoir dit hardiment ses íèntimens, pour s’être nom-mé , pour ne vouloir pas se dédire ; un citoyen chérissant sapatrie , qui aime mieux renoncer a son pays qu’à fa franchise,ôc s’expatrier que sc démentir , est un hypocrite d’une eípeceassez nouvelle. Je ne connois dans cet état qu’un moyen de prou-ver qu’on n’est pas un hypocrite ; mais cet expédient auquelmes ennemis veulent me réduire, ne me conviendra jamaisquoi qu'il arrive ; c’est d’être un impie ouvertement. De grâce,expliquez-moi donc, Madame, ce que vous voulez dire avecvotre Ange, ôc ce que vous trouvez à reprendre à tout cela.

Vous ajoutez, Madame , qu’il falloit que j'attendisse d’autrescirconstances pour professer ma religion, ( vous avez vouludire pour continuer de la professer. ) Je n’ai peut - être quetrop attendu par une fierté dont je ne saurois me défaire. Jen’ai .fait aucune démarche, tant que les Ministres m’ont per-sécuté. Mais quand une fois j’ai été fous la protection du Roi,ôc qu’ils n’ont plus pu me rien faire , alors j’ai fait mon de-voir , ou ce que j’ai cru l’étre. J’attends que vous m’appreniezen quoi je me fuis trompé.

Je vous envoie l’extrait d’un dialogue de M. de Voltaire avecun Ouvrier de ce pays-ci qui est à son service. J’ai écrit cedialogue de mémoire, d’après le récit de M. de Montmollin ,qui ne me l’a rapporté lui-même que far le récit de l’ouvríer,il y a plus de deux mois. Ainsi, le tout peut n’être pas abso-lument exact ; mais les traits principaux font fidelles ; car ilsont frappé M. de Montmollin ; ils les a retenus, & vous croyezbien que je ne les ai pas oubliés. Vous y verrez que M. de

V oltaire

t