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Tome douzième.
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LETTRES

M. DE V O 1 T A I R E.

Comment ce pied-plat va en carrosse ? Le voilà donc bienfier ?

L’ O U V R I E R.

Oh! Monsieur, il se promene auíîi à pied. II court comme unchat-maigre, & grimpe sur toutes nos montagnes.

M. de Voltaire.

II pourroit bien grimper quelque jour sur une échelle. II eûtété pendu à Paris ; s’il ne se fût sauvé. Et il le sera ici, s’il yvient.

L’ O U V R I E R.

Pendu 1 Monsieur! II a l’air d’un si bon homme; eh, monDieu ! qu’a-t-il donc fait ?

M. DE VOLTAIRE.

II a sait des livres abominables. C’est un impie, un athée..

L’ O u v R I E R.

Vous me surprenez. II va tous les Dimanches à l’Egliíè.

M. de Voltaire.

Ah ! l’hypocrite ! Et que dit-on de lui dans le pays ? Y a-t-iíquelqu’un qui veuille le voir ?

L’ O u v R I E R.

Tout le monde, Monsieur, tout le monde l’aime. II estrecherché par-tout, ôc on dit que Mylord lui fait auílì biendes caresses.

M. de Voltaire.

C’est que Mylord ne le connoît pas , ni vous non plus.Attendez seulement deux ou trois mois, ôc vous connoítrezî’homme. Les gens de Montmorenci où il demeuroit, ont fait

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